Viticulture et agroécologie : la Cuma du Haut-Koenigsbourg en transition active
Agroécologie
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Transition agroécologique
Viticulture
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C’est au pied du château du Haut-Koenigsbourg que nous sommes allés à la rencontre des adhérents de la CUMA qui porte son nom, afin d’écouter leurs témoignages enrichissants sur les projets qu’ils ont menés grâce à leur GIEE.
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Une Cuma viticole
Depuis 1993, la CUMA du Haut-Koenigsbourg, en Alsace, accompagne ses 7 membres – tous viticulteurs coopérateurs – dans une logique de partage, de progrès technique et de transition écologique. L’origine de la CUMA, c’est la machine à vendanger, puis a suivi tous le petit matériel viticole. La CUMA a fonctionné avec ces outils pendant une vingtaine d’année, s’en est suivi un des tournants majeurs pour une partie des membres : l’engagement dans la viticulture biologique. Sous la présidence de Bernard Bagy, cette coopérative est aujourd’hui portée par une seconde génération d’agriculteurs, unis autour d’objectifs communs, notamment le travail sur le vivant, et les projets agroécologiques.
C’est tout naturellement que la CUMA s’est engagée dans une démarcheGIEE (Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental).À travers cette démarche, et grâce au service innovation de la Fédération Régionale des Cuma Grand Est, ils ont pu pour bénéficier de formations, d’expérimentations et d’échanges.
3 axes de travail
Ils ont travaillés autour de 3 axes :
La viticulture régénérative
Les engrais verts
Le paillage
Les ferments au service d’une viticulture plus vigoureuse
Bernard Bagy a expérimenté la viticulture régénérative, misant sur les ferments du sol pour dynamiser la vie du sol, renforcer la résilience des vignes face aux sécheresses et améliorer la santé des plantes. Les premiers résultats sont très encourageants, notamment en matière de souplesse du sol et de vigueur végétale.
Les engrais verts : un mode d’entretien du sol aux nombreux avantages
Éric Pourre, viticulteur bio sur 10 hectares à Rodern, pratique depuis plus de 20 ans l’engrais vert, avec des mélanges adaptés mêlant céréales (seigle, triticale) et légumineuses (pois, vesce, moutarde blanche). Son objectif ? Améliorer la matière organique, limiter l’érosion et assurer un équilibre entre couverture du sol et concurrence végétale modérée.
Selon la météo printanière, il adapte sa stratégie : destruction tardive en cas de printemps humide ou fauchage précoce si la sécheresse menace, pour maximiser la restitution au sol.
Le paillage biodégradable, pour protéger les jeunes vignes
Émeric, autre membre de la CUMA, a mené un essai innovant de paillage en toile de chanvre sur une parcelle plantée en 2023 à Rorschwihr. Avec comme objectifs de supprimer le recours au glyphosate durant les premières années, conserver l’humidité du sol, et réduire les interventions mécaniques.
Si la pose est exigeante en temps et en manutention (fixations, découpe, entretien latéral), les bénéfices agronomiques sont bien présents : meilleure structure du sol, humidité conservée, et quasi-absence de levées adventices sous le paillage.
Le GIEE comme moteur de transformation
Tous s’accordent sur un point : le GIEE a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives. Formations, échanges de pratiques, soutien aux projets pilotes… Ce dispositif a favorisé l’émergence de solutions concrètes, locales, et reproductibles. Il a aussi stimulé la volonté d’aller plus loin dans l’agroécologie, à travers de nouvelles pratiques et une meilleure compréhension des sols vivants. C’est en ce sens que la CUMA du Haut-Koenigsbourg souhaite renouveler son GIEE.
En Décembre dernier, la FRCuma Grand Est a réalisé une animation auprès de la Cuma de l’Arce grâce à l’outil Mission Ecophyt’eau. Nous sommes allés à leur rencontre pour échanger avec la fédération et les participants sur l’intérêt de l’outil pour animer le collectif, résoudre des problématiques spécifiques et travailler autrement.
Après plusieurs années de travail collectif, le GIEE porté par la CUMA Asson Bio Energie s’achève sur un projet de méthanisation désormais structuré et opérationnel. Entre production de gaz vert, valorisation agronomique des CIVE et organisation collective du travail, le projet entre dans une phase de fonctionnement stabilisé.
Cette année sonne les 10 ans d’un dispositif méconnu, le DiNA Cuma pour Dispositif National d'Accompagnement des projets et des initiatives des coopératives d'utilisation de matériel agricole. Créé en 2016 par le Ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, il est venu transformer les anciens prêts bonifiés octroyés aux Cuma (dits “MTS”), en une mesure d’accompagnement structurante. Il a pourtant subi des coupes budgétaires intervenues par décrets et grevant de 46 % son financement. Le Réseau Cuma appelle à soutenir ce dispositif et s’en inspirer.
Les étudiants du BTS Analyse, Conduite et Stratégie de l’Entreprise Agricole (ACS) du lycée Saint-André La Côte (38) sont venus à la rencontre des membres du GIEE de la CUMA de Thodure pour une journée de restitution riche en échanges.
Une journée avec plusieurs experts techniques qui a réuni agriculteurs, agricultrices, et des classes du Lycée d'Obernai autour du tassement des sols, des pneumatiques et de la ressource en eau.
Le 25 novembre dernier, les CUMA du Centre-Alsace étaient conviées à se rencontrer dans le cadre d’une matinée interCUMA à Nordhouse, sur l’exploitation de Marc Hamm (CUMA Terre et Prés)
Dans la vallée du Gave d’Oloron, la CUMA du Layou poursuit l’innovation collective. Entre méthanisation, cultures intermédiaires et nouvelles stratégies de fertilisation, un groupe d’agriculteurs s’organise aujourd’hui en GIEE pour construire des références de terrain adaptées à leur territoire.
Face aux défis économiques et climatiques, des agriculteurs lorrains réinventent leur modèle et créent une filière de noix bio en Lorraine. Le début d’une aventure collective à haute valeur ajoutée pour le territoire.
Des viticulteurs s’appuient sur la Cuma et un GIEE pour expérimenter de nouvelles pratiques viticoles. Leur objectif : réduire les coûts, partager les savoirs et avancer collectivement vers une viticulture plus durable et agroécologique.
Publié le 28 octobre 2025
Nouvelle Aquitaine
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