DiNA Cuma : 10 ans d’un dispositif efficace au service des transitions agricoles

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Cette année sonne les 10 ans d’un dispositif méconnu, le DiNA Cuma pour Dispositif National d'Accompagnement des projets et des initiatives des coopératives d'utilisation de matériel agricole. Créé en 2016 par le Ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll, il est venu transformer les anciens prêts bonifiés octroyés aux Cuma (dits “MTS”), en une mesure d’accompagnement structurante. Il a pourtant subi des coupes budgétaires intervenues par décrets et grevant de 46 % son financement. Le Réseau Cuma appelle à soutenir ce dispositif et s’en inspirer.

Conseil Dina Cuma

L’exemple d’une politique publique qui a su changer de logiciel

Lancé en 2016, le DiNA Cuma a marqué un tournant dans les politiques d’accompagnement des Cuma en plaçant l’investissement immatériel – c’est à dire un accompagnement à la réflexion stratégique sur une diversité de sujets tels que gouvernance, organisation, projet collectif, renouvellement des générations, création d’emploi partagé, changement des pratiques – au cœur du dispositif, en complément des aides à l’investissement matériel. Autour d’une de ces thématiques, les collectifs d’agriculteurs et agricultrices réfléchissent ensemble pour mettre en place des plans d’actions concrets. Il se distingue ainsi des dispositifs antérieurs, centrés uniquement sur le financement des équipements. L’évaluation conduite en 2021 par le CGAAER a confirmé son rôle structurant, en faisant du DiNA un levier de transformation pour l’agriculture via les Cuma. Piloté au niveau national par la DGPE, il est mis en œuvre dans les régions par les DRAAF.

Un impact réel pour les agriculteurs et agricultrices en collectif

Depuis 10 ans, plus de 700 emplois partagés entre agriculteurs et agricultrices ont été créés à la suite d’un DiNA. Plus de 30 % des Cuma accompagnées par un DiNA ont investi ou changé leurs pratiques en lien avec la transition agroécologique : acquisition de matériels pour semis direct, désherbage mécanique, agriculture de conservation, réduction des intrants. Plus de 10 % des Cuma ayant fait un DiNA sont allées plus loin en s’inscrivant dans des démarches collectives structurées : création de GIEE, adhésion à des groupes DEPHY ou “30 000”. Ces résultats s’inscrivent dans la durée. Aujourd’hui, 35 % des Cuma sont équipées en matériel de désherbage mécanique, soit un niveau en forte progression sur la période. En 2024-2025, la FNCuma a testé la méthode de mesure d’impact dite ASIRPA sur ce dispositif, qui pointe les changements significatifs au sein des Cuma en multipliant le nombre de DiNA. Le dispositif se distingue également par son efficacité : pour un coût moyen de 1 400 € par accompagnement, il bénéficie en moyenne à 23 agriculteurs.

Un dispositif à conforter 

Pour Marine Boyer, ces résultats appellent à renforcer la place de l’accompagnement dans les politiques publiques : “alors que les politiques publiques négligent aujourd’hui les mesures d’accompagnement nécessaires pour arriver aux objectifs qu’elles se fixent, le DiNA est une belle illustration de ce qui fonctionne avec une forte efficience de la dépense publique. Nous appelons les pouvoirs publics à la soutenir au niveau national et régional. Il peut même inspirer les mesures d’accompagnement de la prochaine PAC”. En 2025, l’enveloppe du DiNA a été amputée de 46% par rapport à son budget initial de 1,5 millions d’euros, obligeant nombre de collectifs d’agriculteurs et d’agricultrices à renoncer à un accompagnement. Plus de 100 parlementaires ont dénoncé cette coupe budgétaire. Maintenu en 2026 à 1 million d’euros, la FNCuma appelle à ce que le DiNA retrouve son budget initial, et puisse devenir un dispositif co-financé comme l’est le Dispositif Local d’Accompagnement pour les associations.