Le DiNA Cuma, un outil impactant pour répondre aux enjeux agricoles

  • DiNA Cuma
  • Robotique agricole

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Depuis 10 ans, plus de 700 emplois partagés entre agriculteurs et agricultrices ont été créés à la suite d’un DiNA Cuma.

Face aux défis climatiques, économiques et sociaux, les Cuma se positionnent comme des espaces d’innovation et de transformation des pratiques agricoles via le collectif.


Les dates marquantes du DiNA Cuma

Lancé en 2016, le DiNA Cuma a marqué un tournant en matière de politique d’accompagnement des Cuma, en plaçant l’investissement immatériel stratégique – gouvernance, organisation, projet collectif – au coeur du soutien des Cuma. Il marque une rupture par rapport aux anciens dispositifs centrés exclusivement sur les aides à l’investissement matériel. L’évaluation menée en 2021 par le CGAAER a confirmé l’impact structurant du DiNA, en tant que levier de transformation pour l’agriculture. 
Ces constats ont conduit, dès 2023, à un travail d’actualisation du cadre d’intervention, piloté par la DGPE en lien étroit avec le Réseau Cuma, afin de mieux articuler le dispositif avec les priorités du ministère : emploi, renouvellement des générations, transition agroécologique.

En 2024, la nouvelle version du DiNA est pleinement opérationnelle. Déployée par l’ensemble des DRAAF, elle suscite une forte mobilisation des acteurs, illustrant la pertinence et l’actualité de cet outil dans les territoires

En 2026, dix ans après la mise en place du dispositif, la FNCuma a procédé à une étude d’impact en utilisant la méthode ASIRPA, dans sa version adaptée aux projets de développement agricole et rural. . 


Mesure d’impact du DiNA Cuma avec la méthode ASPIRA


ASIRPA (Analyse de l’impact sociétal de la Recherche) est une méthode d’analyse des impacts des recherches d’INRAE développée en 2011. Cette méthode permet : une évaluation multidimensionnelle du dispositif, et de mettre en avant des impacts environnementaux et sociétaux ; de mettre en évidence les problématiques auxquelles sont confrontées les filières et organisations agricoles, les solutions mises en place. 


La méthode consiste à repérer des “objets” (filières ou organismes) ayant vécu des changements significatifs et à remonter dans le temps pour retrouver les événements ayant conduit à ces changements, ce qui permet de dessiner un “chemin d’impact”. Dans notre cas, nos objets étaient les Cuma ayant connu des changements significatifs en matière de gouvernance, d’évolution des pratiques en lien avec les transitions. Ce repérage s’est fait “à dire d’expert” grâce aux témoignages d’animateurs et animatrices du réseau Cuma. 5 Cuma normandes ont été étudiées. 


Le DiNA Cuma produit des effets qualitatifs majeurs grâce à une méthode d’accompagnement et d’animation du collectif


Parce qu’il crée un cadre d’animation, de dialogue et de projection commune, le DiNA agit sur la gouvernance et la structuration collective

  • Il est un moteur d’engagement pour les adhérents ;
  • Il permet de créer des liens de confiance entre les adhérents ;
  • Il permet à la Cuma de se développer au-delà de la machine, en créant des groupes de projets. 


Parce qu’il donne du temps et une méthode pour réfléchir, organiser et sécuriser l’action collective, le DiNA est un levier pour la transition agroécologique

  • Il accompagne des innovations techniques ;
  • Il permet le partage de connaissances entre adhérents de la Cuma ;
  • Il appui les démarches administratives, financières et à l’émergence des projets ;
  • Il sécurise des projets.

Parce qu’il rend le collectif plus ouvert, plus lisible et plus accueillant pour de nouveaux profils, le DiNA booste le renouvellement des générations et l’implication des jeunes

  • Il facilite les échanges entre générations ;
  • Il structure le collectif favorisant l’attractivité des Cuma. 
  • Parce qu’il crée un cadre d’animation, de dialogue et de projection commune, le DiNA agit sur la gouvernance et la structuration collective

Des impacts quantitatifs réels

Comme le mentionne le rapport CGAER consacré au DiNA Cuma, sur 3077 conseils stratégiques réalisés entre 2020 et 2026 :

700 postes

ont été créés à la suite d’un DiNA Cuma, soit plus de 22 % des Cuma concernées sur la période. 

30 % des plans d’action

ont débouché sur des investissements ou pratiques en lien avec la transition agroécologique : acquisition de matériels pour semis direct, désherbage mécanique, agriculture de conservation, réduction des intrants 

10 % des Cuma

ayant fait un DiNA Cuma sont allées plus loin en s’inscrivant dans des démarches collectives structurées : création de GIEE, adhésion à des groupes DEPHY ou “30000”. 


Projets impactants impulsés par le DiNA Cuma : études de cas en Normandie

CUMA SECOPPA

Structuration d’un micro-filière luzerne


Sur un territoire associant grandes cultures et élevage, les agriculteurs faisaient face à une forte dépendance au soja importé et à la volatilité des marchés. Les céréaliers cherchaient à diversifier leurs rotations et les éleveurs à sécuriser leur autonomie protéique. Le projet de micro-filière luzerne nécessitait une structuration juridique, organisationnelle et logistique solide. 


Deux DiNA réalisés en 2021 et 2024 ont conduit à une faire évoluer la gouvernance pour faciliter l’organisation du travail entre éleveurs et céréaliers, puis au renforcement de l’organisation logistique de la filière luzerne avec des impacts environnementaux et sociaux (allongement des rotations, réduction des intrants, valorisation des ressources locales, création d’emplois). 


Au-delà de ces aspects organisationnels, le DiNA a également joué un rôle clé dans la levée de barrières juridiques, notamment en facilitant la création d’une Société d’Intérêt Collectif Agricole (SICA) pour sécuriser la transformation et commercialisation. 


CUMA DU HOLME

Accompagnement du renouvellement des générations

La Cuma faisait face à un vieillissement de son conseil d’administration, à une faible implication des jeunes et à un risque de perte de dynamisme collectif. L’absence de vision stratégique partagée fragilisait la pérennité de la coopérative. 


Trois DiNA Cuma réalisés en 2022, 2023 et 2024 ont permis de lancer la réflexion sur l’avenir de la Cuma, l’intégration de 4 jeunes au Conseil d’Administration, la mise en place de nouveaux services aux adhérents (myCuma Planning) pour relancer la dynamique en facilitant l’accès au matériel et en recrutant un second salarié pour assurer l’entretien et l’optimiser de l’utilisation des matériels via la prestation complète. 

CUMA LA PRATIQUE

Réduction des phytosanitaire grâce à la technologie

Les adhérents étaient confrontés à une pression croissante sur l’usage des phytosanitaires, à des enjeux de santé et à la nécessité de maintenir la performance des prairies. L’acquisition d’un robot de pulvérisation ultra-localisée impliquant 23 Cuma nécessitait une organisation collective robuste et une coordination inter-Cuma efficace. 


Deux DiNA réalisés en 2021 et 2023 ont permis de consolider la dynamique interne (communication, cohésion, organisation), puis d’accompagner la structuration du projet Ecorobotix : définition des modalités d’utilisation, planification, mutualisation inter-Cuma et réflexion sur l’emploi salarié. Les DiNA ont apporté un cadre stratégique et un appui externe facilitant la prise de décision et l’adoption massive de la technologie par les adhérents.

Le robot a permis une réduction très significative des volumes de phytosanitaires appliqués (90%), tout en maintenant une forte efficacité technique (voir la vidéo). Le projet a renforcé l’attractivité de la Cuma, professionnalisé les services via l’embauche de salariés et positionné le collectif comme acteur innovant de l’agriculture de précision. Le DiNA a été un catalyseur d’innovation technique à fort impact environnemental.

Cuma la Pratique