Trieur en collectif : moteur de la pratique des cultures associées ?

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Dans le cadre du projet européen Intercropvalues, Lucie Bodey réalise un stage portant sur le rôle des trieurs utilisés en collectif dans le développement des cultures associées destinées à l’alimentation humaine, avec l’objectif de mieux comprendre les freins, les leviers et les dynamiques d’action au sein des collectifs.

Le travail de Lucie Bodey s’inscrit dans un constat partagé par la recherche et les acteurs de terrain : malgré leurs bénéfices agronomiques et environnementaux démontrés, les cultures associées destinées à l’alimentation humaine restent encore peu développées. La littérature met en évidence l’existence de verrouillages socio-techniques qui freinent leur diffusion, liés à l’organisation des filières, aux normes techniques dominantes et aux équipements disponibles.

Parmi ces freins, la question du tri des récoltes issues de cultures associées apparaît centrale. Le tri constitue une étape clé pour accéder aux débouchés en alimentation humaine, mais il génère des contraintes techniques, économiques et organisationnelles supplémentaires : coût du tri, investissements nécessaires, logistique, choix du lieu et du porteur de l’équipement, répartition de la valeur et du travail. Ces contraintes peuvent peser fortement sur les décisions des agriculteurs et agricultrices et conditionner l’adoption des cultures associées.

Les travaux récents menés dans le cadre du projet Intercropvalues montrent par ailleurs que les agroéquipements ne sont pas seulement des contraintes, mais peuvent devenir de véritables leviers de changement de pratiques, notamment lorsqu’ils sont conçus, adaptés ou gérés collectivement. Dans cette perspective, le stage de Lucie Bodey s’intéresse plus spécifiquement au rôle des trieurs utilisés en collectif, et à la manière dont leur usage (ou leur absence) influence les dynamiques autour des cultures associées. Il s’agira d’analyser les mécanismes à l’œuvre : motivations des groupes, trajectoires d’équipement, arbitrages économiques, formes d’organisation collective, etc. 

Dans ce cadre, Lucie souhaite entrer en contact avec des Cuma et des animateurs et animatrices du réseau Cuma pour enquêter :

Ces retours d’expérience permettront d’alimenter une analyse transversale et de produire des enseignements utiles pour les collectifs agricoles et les réseaux engagés dans le développement des cultures associées.

Les personnes concernées sont invitées à se manifester auprès d’Annabelle Revel afin de contribuer à ce travail de recherche appliquée, au service de la transition agroécologique et de l’action collective.

Lucie est étudiante en Master 2 Agroécologie, Alimentation et Environnement,  elle réalise son stage sur le campus de Saclay, sous l’encadrement de Chloé Salembier (UMR SAD-APT) et Annabelle Revel (FNCuma). 

Plus d’informations sur le projet

melange d'espèces

INTERCROPVALUES

2022-2026

Exploiter les avantages des cultures associées pour concevoir et gérer des systèmes de culture diversifiés, résilients, rentables et respectueux de l’environnement.