L’engagement agricole au cœur des échanges des Agriculteurs ont du Cœur

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À l’invitation de l’association Les Agriculteurs ont du Cœur, plusieurs représentants du monde agricole se sont réunis le 1er juin 2026 à Paris pour débattre d’un sujet central : l’engagement chez les agriculteurs et agricultrices.

Une table ronde aux profils variées

Animée par Jean-Paul Hébrard, la table ronde a rassemblé des profils variés, venus témoigner de leurs expériences, de leurs inquiétudes, mais aussi de leur volonté commune de continuer à agir pour l’avenir de l’agriculture.

Autour de la table figuraient notamment Marine Boyer, éleveuse en Aveyron et présidente de la FNCuma, Jérôme Bayle, éleveur en Haute-Garonne et cofondateur des Ultras de l’A64, Mickaël Jacquemin, agriculteur en polyculture-élevage et président de la MSA Marne Ardennes Meuse, Éric Martineau, arboriculteur et député de la Sarthe, ainsi qu’Alex Belloche, récemment élu président de l’association Les Agriculteurs ont du Cœur.

Des formes d’engagement multiples

Le débat a permis de rappeler que l’engagement agricole ne se limite pas à une seule forme. Il peut être associatif, syndical, politique, local, solidaire, culturel ou encore sportif. Certains engagements sont visibles et reconnus ; d’autres, plus discrets, participent pourtant chaque jour à faire vivre les territoires.

Cette diversité a été soulignée comme une force. Les intervenants ont également pointé l’évolution des attentes des bénévoles et des personnes qui s’impliquent : beaucoup cherchent aujourd’hui un engagement concret, utile, porteur de sens, parfois moins inscrit dans la durée mais davantage tourné vers l’impact.

Une inquiétude face au découragement

Alex Belloche est revenu sur la réussite de la troisième édition des Jeunes de l’agriculture ont du cœur, qui a permis de collecter en 2025 l’équivalent de 12 000 repas au profit d’étudiants en situation de précarité. Une réussite qui témoigne de la capacité de mobilisation du monde agricole, mais qui n’efface pas certaines inquiétudes. Le nouveau président de l’association a notamment exprimé sa crainte de voir une partie des jeunes se détourner de l’engagement ou perdre confiance.

Cette préoccupation a trouvé un écho chez Jérôme Bayle, qui a insisté sur le sentiment d’épuisement et de colère présent dans une partie du monde agricole. Pour lui, les difficultés économiques, sociales et politiques que rencontrent les agriculteurs peuvent conduire certains à baisser les bras. Mais il a aussi rappelé la nécessité de ne pas renoncer, en appelant les agriculteurs à rester unis et à continuer à défendre leur dignité.

Politique, terrain et responsabilité collective

Face aux critiques adressées au monde politique, Éric Martineau a défendu le rôle que peuvent jouer les institutions, en citant notamment les travaux parlementaires autour de la loi d’urgence agricole. Selon lui, des avancées sont possibles, à condition de rechercher des compromis et de ne pas attendre uniquement des élus qu’ils apportent toutes les réponses.

De son côté, Mickaël Jacquemin a rappelé que les agriculteurs restent fortement présents dans la vie locale, en particulier au sein des conseils municipaux. Une implication qui traduit, selon lui, un attachement profond au bien commun et à la vitalité des territoires.

Marine Boyer a, pour sa part, insisté sur le sens donné à l’engagement. S’impliquer ne doit pas être une démarche guidée par l’ambition personnelle ou la recherche de reconnaissance, mais par une cause collective. Un engagement sincère, tourné vers l’intérêt commun, reste indispensable pour porter une parole agricole crédible et constructive.

Retrouver du sens et continuer à agir

Au-delà des différences de points de vue, les participants se sont rejoints sur un constat : l’engagement des agriculteurs et agricultrices demeure essentiel. Dans un contexte agricole tendu, marqué par les inquiétudes économiques, le mal-être et les attentes fortes de reconnaissance, la mobilisation collective apparaît comme un levier indispensable.