L'autonomie alimentaire et protéique représente un sujet fondamental pour garantir la durabilité et la rentabilité des exploitations caprines. L'objectif principal de cette démarche est de réduire la dépendance aux intrants extérieurs et de mieux valoriser les ressources disponibles au niveau local.
Partager l'article :
L’expérience de Nicolas Cordeau du GAEC de la Garenne, situé dans la Vienne, met en lumière comment des choix stratégiques, notamment l’utilisation de la luzerne et l’organisation collective via la CUMA, permettent de sécuriser la production laitière.
La quête de l’autonomie par la qualité fourragère
Nicolas Cordeau, éleveur caprin à côté de Civray, gère avec sa sœur une exploitation familiale de 650 chèvres laitières sur 300 hectares de SAU, typique de ce secteur du Poitou (polyculture-caprin).
L’objectif de leur conduite d’élevage est constant : produire le maximum de fourrage de qualité sur l’exploitation afin de limiter les fourrages achetés, tout en maintenant un niveau de production satisfaisant. Cette stratégie est avant tout une question de sécurité pour l’exploitation, permettant de se prémunir contre les aléas financiers et de production qui peuvent affecter le marché de l’alimentation.
La ration de base des chèvres est assurée par l’ensemble des fourrages grossiers produits sur la ferme (foin de luzerne, ensilage de luzerne, ensilage de maïs), complétés par des céréales comme l’avoine et le maïs grain produits localement. L’exploitation valorise particulièrement bien les aliments produits, et surtout le foin de luzerne.
La luzerne, pilier de l’autonomie protéique
Si l’autonomie fourragère est bien établie, c’est la partie protéique qui reste le défi majeur des exploitations laitières. Pour y répondre, le GAEC bénéficie d’une quarantaine d’années d’expérience dans la culture de la luzerne, avec des terrains qui s’y prêtent particulièrement bien.
Afin d’obtenir un apport protéique encore plus élevé, l’ensilage de luzerne a été introduit. Le but était de récolter les premières coupes plus tôt, à un stade plus jeune, pour maximiser la teneur en protéines. “ Récolter en ensilage permet également d’être moins contraint par les aléas climatiques qu’avec le foin” explique Nicolas.
De plus, pour sécuriser l’apport énergétique de la ration de base (ensilage de maïs), l’exploitation a développé l’irrigation, lui permettant de produire aujourd’hui la totalité du maïs ensilage et d’arroser également les luzernes. Cette amélioration a été envisagée lorsque le maïs était acheté sur pied auprès d’un collègue de la CUMA bénéficiant de l’irrigation, garantissant ainsi une bonne qualité et un taux de grains satisfaisants.
Le rôle de la CUMA : sécurité et souplesse
L’organisation des chantiers de récolte et la sécurité face aux contraintes météorologiques sont grandement facilitées par l’adhésion à la CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) et à l’accompagnement de la fédération des Cuma de proximité des Deux-Sèvres.
Pour la récolte du foin de luzerne, le matériel nécessaire (fauche, andaineur, faneuse, plateau) est géré par la CUMA, et Nicolas effectue lui-même le travail. “La chance d’avoir beaucoup d’éleveurs caprins dans la coopérative a initié une grosse entraide. Cette solidarité permet, par exemple, de trouver facilement un coup de main lorsque le temps devient critique pour presser le foin avant qu’un orage ne monte.”
Concernant les ensilages de luzerne et de maïs, l’exploitation utilise l’ensileuse de la CUMA, au sein d’un petit groupe de cinq à six membres. Ce groupe permet de disposer de la main-d’œuvre nécessaire pour la réalisation des chantiers. La principale sécurité offerte par ce dispositif est la souplesse. En ayant l’ensileuse au sein d’un petit groupe, les agriculteurs ne se sentent pas obligés de démarrer un chantier par temps incertain. Il est possible de reporter au lendemain pour éviter les risques météorologiques. Cette solidarité et cette entraide sont devenues naturelles au sein de la CUMA et sont jugées essentielles pour l’organisation de l’exploitation.
Face à un jeune éleveur caprin s’installant, le conseil de Nicolas Cordeau est clair : il est impératif de maximiser l’autonomie fourragère en produisant le maximum de fourrage, mais avant tout un fourrage de qualité. L’éleveur doit s’appliquer à bien faire ses fourrages, notamment la luzerne, qui est considérée comme le premier levier où l’on peut gagner le plus en élevage caprin.
La rotation des cultures, les mélanges multi-espèces et l'organisation collective s'imposent comme des stratégies essentielles pour la durabilité des exploitations caprines. L’autonomie alimentaire et protéique en élevage caprin est un sujet fondamental pour la rentabilité et la durabilité des exploitations.
Dans la région de Gaujacq, les agriculteurs d’une CUMA unifiée, issue de la fusion de la CUMA Vallée du l’œil et de la CUMA du Biélé, ont transformé leurs pratiques de séchage du maïs. Lassés des contraintes liées aux séchoirs mobiles – déplacements matinaux et manutentions répétitives – ils se sont lancés dans la conception et la mise en place d’un séchoir collectif fixe, véritable levier d’efficacité et d’autonomie.
Le 19 mars dernier, s'est tenu le sixième comité de labellisation "Cuma So Responsable", marquant ainsi une étape significative dans la reconnaissance de l'engagement des Cuma en faveur de la transition énergétique et écologique, du respect du vivant et de leur responsabilité sociale, environnementale et sociétale.
L'installation d'un séchoir de fourrages est bien plus qu'un simple projet agricole : c'est une décision stratégique qui peut transformer la manière dont une exploitation gère sa production et ses troupeaux.
Publié le 09 avril 2024
Nouvelle Aquitaine
Gérer le consentement aux cookies
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’utilisateur.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.