Réduction des produits chimiques et adoption de pratiques alternatives

  • Sortir des pesticides

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Dans les Landes, les adhérents de la Cuma de Pouydesseaux prouvent que la réduction des produits phytosanitaires n'est pas qu'une affaire de produits, mais une stratégie globale alliant matériel de pointe, travail du sol simplifié et solidarité entre coopératives.

À Pouydesseaux, l’agriculture ne se conçoit pas sans une réflexion approfondie sur le sol. Jean-Marc Vignolles, agriculteur et président de la Cuma, porte un regard lucide sur l’évolution des pratiques. Ici, la polyculture est courante (maïs doux, semences, tournesol, colza) et se conjugue avec un élevage avicole dynamique. Mais le véritable moteur du changement réside dans la gestion des terres et du matériel.

Le sol au cœur de la stratégie

Dès 1998, la Cuma a pris le virage des Techniques Culturales Simplifiées (TCS). Un choix audacieux pour l’époque. « On a des terres battantes. Au début, quand les voisins nous ont vu semer dans des terrains un peu « sales », ils pensaient qu’on avait perdu la tête », s’amuse aujourd’hui Jean-Marc Vignolles.

Vingt ans plus tard, les résultats parlent d’eux-mêmes : un taux de matière organique en hausse (passant de 1 % à 1,5 %) et des parcelles qui se ressuient beaucoup mieux. Pour réussir ce défi, la Cuma s’est équipée de matériel spécifique : semoirs lourds avec chasse-détritus et outils de préparation adaptés, permettant de conforter le non-retournement du sol tout en assurant la levée des cultures.

Moins de chimie, plus de précision

Face à la pression des adventices, la Cuma mise sur la haute technologie pour réduire les doses de produits :

La prophylaxie : le geste qui sauve

Pour le président, la réduction des phytos commence avant même la pulvérisation. « Le plus facile pour limiter les produits, c’est que la mauvaise herbe ne pousse pas ». Cela passe par une hygiène rigoureuse : soufflage et nettoyage de la moissonneuse-batteuse entre les chantiers pour éviter de disséminer des graines indésirables comme le datura. Entre deux cultures, l’implantation systématique de couverts végétaux (triticale, trèfle, etc.) permet de fixer l’azote et d’occuper l’espace, ne laissant aucune chance aux adventices de monter en graine.

Un accompagnement de proximité

Pour transformer ces réflexions en succès collectifs, la Fédération des Cuma Béarn Landes Pays basque joue un rôle de catalyseur essentiel. Au-delà du simple conseil juridique, elle accompagne la Cuma de Pouydesseaux dans le calcul des prix de revient et le montage des dossiers de subvention pour l’achat de matériel de précision. En favorisant les échanges inter-Cuma et en apportant une expertise technique sur les nouvelles techniques de désherbage mécanique, la Fédération sécurise les investissements des adhérents. Cet appui permet aux responsables, comme Jean-Marc Vignolles, de se concentrer sur l’essentiel : l’agronomie et la performance de leurs exploitations.

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