Potentiellement 15 000 euros de gain pour l’exploitation qui mutualise ses machines

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Quel levier peut être activer pour baisser les charges de mécanisation ? Interview de Frédéric Cadieu, président de la Fédération des Cuma du Centre Val-de-Loire

frédéric cadieu Cuma

Dans un contexte économique régional hétérogène, quelle est la place de la Cuma ?

Une partie de notre région est appelée zone intermédiaire ou plutôt zone à potentiel limité. Bien trop souvent, l’élevage s’est vu disparaître dans certains secteurs par la pénibilité que cela demande mais aussi par l’agrandissement des fermes. Malheureusement, les aléas climatiques se succèdent et les prix de vente qui ne sont pas aux rendez-vous, font qu’aujourd’hui le monde agricole va très mal. Des filières comme la viticulture vont mieux mais avec des besoins matériels importants. Bien sûr, certains n’ont pas attendu pour adhérer à une cuma dans le but de mutualiser les outils mais la fiscalité agricole nous oriente vers le renouvellement rapide du parc machines, ce qui incite à l’achat individuel, avec le constat que seulement 10 % des matériels sont mutualisés en France. Résultat, la charge de mécanisation d’une exploitation pèse entre 25 à 35 % et nous place en tête en Europe.

Quel nouveau levier peut être activé pour baisser cette charge ?

Grâce au plaidoyer sur la mécanisation responsable de la Fédération nationale des Cuma, nous estimons un gain potentiel de 15 000 € par exploitation si celle-ci mutualise son parc machines. C’est un véritable levier qui doit être actionné. Mais pas qu’en période de crise. Car pour moi qui me considère comme un enfant de Cuma, ce doit être une conviction qui va bien au-delà de la mutualisation de la machine. Ce partage permet le non-isolement en période compliquée, par le biais de l’entraide, de l’organisation des chantiers, par le partage d’expérience lors des réunions ou lors des travaux des champs.

La Cuma peut-elle jouer encore d’autres rôles ?

La Cuma peut être une vraie dynamique de territoire, elle facilite les reprises d’exploitation en favorisant l’installation permettant le maintien d’une classe ou d’un commerce. Et qui dit installation dit renouvellement des générations, et selon moi, c’est le sujet prioritaire dont nous devons tous nous occuper. Et pour ce faire, la Fédération régionale des Cuma Centre Val-de-Loire, en partenariat avec le conseil régional, commence un travail sur le sud Touraine. L’objectif est de réaliser un état des lieux de nos 35 Cuma de cette zone sur les départs en retraite. Car les enjeux sont importants en termes de maintien des activités dans nos Cuma et d’arrivée de nouveaux installés. Le but est aussi d’être un facilitateur de mise en relation avec les organismes de transmission et d’installation.

Comment la Cuma peut-elle s’adresser à ceux qui vont prochainement s’installer ?

Pour attirer nos jeunes vers les Cuma et le monde agricole qui les entoure, nous avons l’ambition de créer des rendez- vous d’échanges avec les lycées agricoles mais aussi avec des collèges lors de portes ouvertes ou de Journées des Cuma. Car les Cuma représentent une solution qui existe depuis 80 ans, mise en place après la seconde guerre par le ministre de l’Agriculture M. François Tanguy-Prigent. Bien sûr, tout ce travail et ces ambitions ne peuvent s’orchestrer sans l’équipe de salariés et les élus de Fédération régionale des Cuma Centre Val-de-Loire, tous investis au quotidien pour une formule qui leur convient : le travail en collectif.