Méthanisation agricole : la FNCuma appelle à préserver les projets agricoles collectifs
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Les récentes annonces du Gouvernement concernant l'évolution des dispositifs de soutien au biométhane injecté font peser une lourde incertitude sur l'avenir des projets de méthanisation agricole portés par les agricultrices et agriculteurs en collectif.
La FNCuma apporte son plein soutien à la position commune portée par les organisations agricoles et les acteurs de la filière, qui appellent à une véritable concertation avant tout changement du cadre de soutien.
Les évolutions annoncées, notamment la fin du tarif d’achat au profit d’un système d’appels d’offres, remettent en question la visibilité économique indispensable aux projets de méthanisation. Elles impactent directement les agricultrices et les agriculteurs qui choisissent de porter ensemble des projets collectifs, construits sur le temps long et fondés sur la coopération. La méthanisation via ces collectifs agricoles contribue à l’autonomie des exploitations agricoles, et comporte également de nombreuses externalités positives, avec des distances de transport réduites, une cohérence territoriale et une valorisation de la biomasse agricole non alimentaire.
La méthanisation constitue un levier de diversification des revenus des exploitations, de valorisation des ressources agricoles, de décarbonation des territoires et de souveraineté énergétique. Les projets portés collectivement, notamment entre adhérents de Cuma mobilisent des investissements importants, aussi l’impact de ces évolutions sur les projets en cours constitue une mise à mal directe du modèle économique de ces exploitations agricoles.
Alors que le revenu agricole et la souveraineté énergétique sont régulièrement affichés comme enjeux majeurs, il est difficile de comprendre des décisions qui fragilisent des projets de production d’énergie renouvelable directement adossés à l’activité agricole.
En soutien des positions des organisations de la filière, la FNCuma demande la suspension de la réforme afin d’engager une véritable concertation avec les représentants de la filière. Un cadre de soutien stable et prévisible est nécessaire. Elle demande que soient pris en compte les projets déjà engagés et les investissements déjà réalisés par les agriculteurs.
Le dispositif actuel a permis de créer une filière compétitive à l’échelle européenne, et il repose en grande partie sur l’engagement et le travail des agricultrices et des agriculteurs, via les Cuma notamment. Fragiliser ces projets aujourd’hui, c’est mettre un coup d’arrêt à une dynamique qui contribue pleinement à l’avenir de notre agriculture et de nos territoires.