La qualité du fourrage à l’épreuve du climat

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La rotation des cultures, les mélanges multi-espèces et l'organisation collective s'imposent comme des stratégies essentielles pour la durabilité des exploitations caprines. L’autonomie alimentaire et protéique en élevage caprin est un sujet fondamental pour la rentabilité et la durabilité des exploitations.

Théophane Soulard, conseiller d’entreprise et conseiller en élevage caprin, partage son expertise sur l’évolution des pratiques et la maximisation de la qualité des fourrages. Expert fourrage depuis plus de 30 ans pour la société Seenovia (regroupement des organismes de contrôle laitier des Pays de la Loire et de la Charente-Maritime),Théophane Soulard observe des changements profonds dans les systèmes d’exploitation sur sa zone d’origine (Sud Vendée et Charente Maritime), une tendance qui s’étend sur de “nouveaux” départements face au réchauffement climatique, citant la Mayenne et la Sarthe.

L’avènement du multi-espèces

Selon cet expert, les rotations ont profondément évolué, notamment parce que la réussite du maïs-ensilage annuel est devenue plus incertaine. Les éleveurs réorientent leurs systèmes vers davantage d’herbe et une présence beaucoup plus limitée du maïs dans la ration. Cette transition conduit à des rotations allongées et à l’introduction accrue de mélanges multi-espèces, destinés à améliorer la qualité des fourrages tout en limitant le recours aux intrants extérieurs. Ces associations végétales permettent en effet de réduire l’usage d’engrais, de phytos sur les plantes et de concentrés dans l’alimentation, et donc d’adapter les systèmes pour nourrir les chèvres de façon cohérente du début à la fin, à partir de fourrages et d’aliments produits sur l’exploitation.

L’Impact crucial de l’organisation collective

Face à l’augmentation du coût du matériel, le collectif devient un facteur déterminant pour garantir la qualité des récoltes. Bon nombre de structures moyennes n’ont pas les moyens d’investir dans le matériel spécialisé pourtant plus adapté.

Le travail en groupe, notamment au sein des CUMA (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole), permet de bénéficier d’un matériel adéquat et surtout d’une rapidité d’exécution cruciale. Le changement climatique réduit les plages de récolte disponibles, il est donc vital d’avancer vite. Dans beaucoup de CUMA, des chauffeurs sont même attitrés au matériel. Ces chauffeurs sont formés à appliquer des règles déterminantes pour la récolte, telles que le respect des hauteurs de fauche, assurant des fourrages de qualité.

Les Conseils de l’expert pour un fourrage optimal

Théophane Soulard insiste sur la nécessité de porter une attention particulière aux fourrages et donne plusieurs conseils pour assurer une bonne qualité.

  1. Le semis réussi : Le point de départ essentiel est de bien réussir son semis, que ce soit pour la luzerne ou les multi-espèces.
  2. L’entretien de la parcelle : Il faut s’assurer d’un bon entretien de la parcelle tout au long des quatre à cinq années de vie.
  3. La technique de fauche : Beaucoup d’éleveurs commettent l’erreur de faucher la luzerne trop bas, ce qui l’empêche de repartir et lui fait perdre des années de vie. Il conseil de faucher à 10 cm, ce qui permet une bonne ventilation, maximise la valeur du fourrage et élimine la partie la moins digestible.
  4. La récolte adaptée : Lors de la récolte, il est impératif d’utiliser des outils adaptés pour ne pas effeuiller les légumineuses. De plus, il faut adapter les opérations de fanage ou d’andainage aux heures appropriées de la journée pour obtenir la qualité souhaitée.

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