Face aux incendies, les CUMA répondent présentes

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L'été 2026 restera marqué par les nombreux incendies qui ont touché plusieurs territoires. Dans ces moments d'urgence, la solidarité agricole a, une nouvelle fois, démontré toute son importance.

Cet été encore, des agriculteurs ont spontanément mobilisé leur matériel pour venir en appui des sapeurs-pompiers face aux incendies. À Thésée, dans le Loir-et-Cher, un adhérent de la CUMA des Vignerons de Pouillé raconte une intervention menée dans l’urgence, avec plusieurs agriculteurs venus prêter main-forte.

Il a aperçu les flammes depuis l’autre côté de la vallée du Cher. Le feu venait de prendre en bordure de forêt, sur la commune de Thésée. « Plus on était rapide, plus il y avait de chance de le stopper avant que cela ne prenne trop d’ampleur », explique l’agriculteur, qui n’a pas hésité longtemps avant de se mobiliser.

Ses enfants déposés chez ses parents, il prend son tracteur, déjà attelé à la tonne à lisier de la CUMA, et se dirige vers le lieu de l’incendie. Il connaît un point de pompage au bord du Cher et choisit de s’y rendre directement pour remplir sa tonne, sans perdre de temps à chercher une ressource en eau une fois sur place.

Arrivé parmi les premiers, il intervient aux côtés des pompiers. Il éteint plusieurs départs de feu et réalise également de l’aspersion préventive pour protéger une zone située à proximité. Progressivement, d’autres agriculteurs rejoignent le dispositif. Au total, sept tracteurs équipés de tonnes à lisier, de bennes à vendange ou de cuves sur plateau se retrouvent mobilisés, en complément des moyens engagés par les sapeurs-pompiers, avec une dizaine de camions sur place.

L’intervention durera de 16 h 30 à 21 h. Une mobilisation importante, mais qui a aussi permis de mettre en évidence les difficultés que peut représenter la coordination entre des moyens agricoles arrivant spontanément sur un incendie et l’organisation des secours.

« Nous étions à leur ordre pour ne pas les pénaliser, mais il y avait parfois beaucoup d’attente », raconte l’agriculteur. Plusieurs agriculteurs ont notamment tenté d’alimenter directement les camions de pompiers avec les pompes à vide de leurs tonnes. Une organisation adaptée a finalement été trouvée avec l’installation d’une piscine permettant aux agriculteurs de vider leurs tonnes en continu, tandis que les pompiers pouvaient simultanément alimenter leurs véhicules avec leurs propres motopompes.

Au-delà de l’intervention elle-même, cette expérience pose donc la question de l’anticipation et de la coordination des moyens agricoles en cas d’incendie. Identifier à l’avance les points d’eau, les équipements disponibles et les modalités d’intervention pourrait permettre de gagner encore en efficacité lorsque les agriculteurs sont appelés à venir en renfort.

La force du collectif

Pour l’adhérent de la CUMA des Vignerons de Pouillé, cette mobilisation illustre surtout l’intérêt du collectif. « La CUMA m’a permis d’intervenir et d’aider nos collègues de la commune d’à côté, avec un matériel que je ne possède pas sur mon exploitation. De la même façon, j’apprécierais si des voisins venaient nous prêter main-forte si le feu était sur notre commune. »

Une autre mobilisation a eu lieu en Indre-et-Loire. Thomas Gaborieau, adhérent de la CUMA de l’Espoir à Charnizay, s’est lui aussi rendu avec une tonne à lisier sur un incendie en Brenne. Là encore, le matériel agricole a pu être mobilisé rapidement pour contribuer à la lutte contre le feu.

À Thésée, l’incendie aura finalement parcouru environ 6 à 8 hectares. Un bilan qui reste limité au regard des conditions particulièrement propices aux départs et à la propagation des feux cet été.

Ces interventions montrent une nouvelle fois que les CUMA ne sont pas uniquement des outils de mutualisation du matériel. En mettant à disposition des équipements que chacun ne pourrait pas forcément posséder individuellement, elles permettent aussi, lorsque l’urgence l’exige, de renforcer les capacités d’action collectives sur le territoire.

Cet été, derrière les tonnes à lisier et les tracteurs mobilisés, c’est donc aussi une autre forme de coopération qui s’est exprimée : celle d’agriculteurs prêts à donner de leur temps et à mettre leur matériel au service de leurs voisins.