Face à la crise agricole, le Réseau Cuma appelle à changer de méthode

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Face à une crise agricole qui frappe l’ensemble de l’écosystème, la Fédération Nationale des Cuma (FNCuma) appelle à sortir des réponses partielles, du « saupoudrage » et des effets de communication. Banques, collectivités, organismes de contrôle, État : chacun dispose de leviers pour agir. Pourtant, la réponse à la crise continue de reposer essentiellement sur l’intervention de l’État. ​La FNCuma appelle à changer de méthode et à ce que tout l’écosystème agricole prenne sa part.

Contribuer sans être entendu n’est plus tenable

Depuis 2024, le Réseau Cuma interpelle les pouvoirs publics et formule des propositions pour réduire les charges qui pèsent sur les exploitations agricoles, levier sous-exploité. Dans le cadre du plan CASI, le Réseau Cuma a été appelé à contribuer et à formuler des propositions. Au regard des dernières annonces, ce travail a été du temps perdu, une situation qui se répète à l’aune de la multiplication des consultations tout azimut ces dernières années.
Pour Marine Boyer, présidente de la FNCuma : « La crise agricole ne s’arrête pas à la porte des exploitations. Elle touche l’ensemble de l’écosystème qui les entoure. Les Cuma jouent un rôle d’amortisseur à tous les stades de la vie des exploitations, et particulièrement lors des crises à répétition que traverse le monde agricole. Mais un amortisseur ne peut pas absorber indéfiniment tous les chocs ».
La réponse à la crise doit désormais concerner l’agriculture dans son ensemble.

Les Cuma ne peuvent pas devenir les banques de dernier ressort de l’agriculture

Une récente question parlementaire du député Taupiac le souligne : « ce sont désormais les coopératives, les Cuma, les fournisseurs, les bailleurs ou encore les organismes professionnels qui consentent des délais de paiement et assurent, de fait, un rôle de soutien à la trésorerie qui devrait relever du financement bancaire ».
Cette situation ne peut pas devenir la norme. En acceptant des délais de paiement, en absorbant des décalages de trésorerie et en maintenant l’accès à des matériels mutualisés, les Cuma participent déjà directement à l’effort collectif et soutiennent de fait la trésorerie des exploitations.
Mais leur capacité à jouer ce rôle n’est pas illimitée. Fragiliser les Cuma, c’est aussi fragiliser un outil qui permet aux agriculteurs et agricultrices de mutualiser leurs investissements et de réduire leurs charges de mécanisation. « Il n’y a aujourd’hui aucune mesure du plan CASI qui répond aux difficultés des Cuma », note Marine Boyer.

À chacun de prendre sa part

Alors que l’agriculture a été consacrée comme étant d’« intérêt général majeur », la FNCuma appelle chacun des acteurs à prendre sa part :

Changer de méthode

Pour la FNCuma, l’enjeu n’est donc pas seulement d’empiler de nouvelles mesures, mais de changer la manière dont les réponses à la crise sont construites, et qui n’est pas à la hauteur des enjeux. « Nous sommes chacun porteur d’un bout de la solution. À l’État de l’accepter et de prendre conscience que c’est une méthode de co-construction qui permettra d’apporter des réponses efficaces à la crise », souligne Marine Boyer.
Le plan CASI ne peut rester un dispositif élaboré en circuit fermé. Le Réseau Cuma appelle l’État à ouvrir le jeu et à réunir autour de la table banques, collectivités, organisations agricoles et acteurs économiques, afin que chacun mobilise les leviers dont il dispose.
Face à l’ampleur de la crise, aucune réponse isolée ne suffira. L’agriculture est une responsabilité collective, chacun doit s’engager.