Cultures associées : le tri, tout un système !
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Récolter deux espèces ensemble, c’est bien. Réussir à les séparer ensuite, c’est une autre histoire. Alors, comment s’y prennent les agriculteurs ? Plongez dans le premier épisode de notre feuilleton consacré au tri des cultures associées.
Associer plusieurs espèces dans une même parcelle présente de nombreux intérêts agronomiques. Les associations peuvent améliorer l’utilisation des ressources (eau, azote, etc.), contribuer à la maîtrise des adventices, stabiliser les rendements ou encore améliorer la teneur en protéines des céréales lorsqu’elles sont associées à des légumineuses. Pourtant, leur développement reste limité. Parmi les difficultés rencontrées par les agriculteurs, plusieurs concernent directement les agroéquipements : semer plusieurs espèces, les récolter ensemble, puis les trier.
Le tri devient particulièrement important quand les récoltes sont destinées à l’alimentation humaine. Après la récolte, il faut séparer les espèces et retirer les impuretés. Plusieurs opérations peuvent être nécessaires avant d’obtenir des grains qui répondent aux attentes des acheteurs ou des transformateurs.
Le travail de Lucie Bodey s’inscrit dans le projet européen IntercropVALUES et prolonge notamment les travaux d’Esther Fouillet et d’Hadrien Pham sur les agroéquipements mobilisés pour les cultures associées. Ces travaux avaient mis en évidence la diversité des équipements et la place importante du tri. Il restait à regarder plus précisément comment les agriculteurs trient leurs cultures, avec quels moyens et dans quelles organisations.
Lucie est partie de la question de recherche suivante : quels sont les usages des systèmes de tri par les agriculteurs pour cultiver et valoriser des associations d’espèces destinées à l’alimentation humaine ? Trois questions structurent ensuite son travail. Quels systèmes de tri les agriculteurs utilisent-ils et comment les combinent-ils ? Que permettent les systèmes de tri organisés en Cuma ? Enfin, pour quelles raisons les agriculteurs ont-ils recours au tri ?

Pour répondre à ces questions, Lucie est partie à la rencontre d’agriculteurs en Cuma. Après une première phase exploratoire, sept Cuma ont été retenues dans le Grand Est et les Pays de la Loire. Neuf agriculteurs et un salarié de Cuma ont été interrogés. Les situations ont été choisies pour leur diversité. L’objectif était de comprendre différentes façons de faire, avec des équipements, des organisations et des productions variés.
Mais au fait, qu’est-ce qu’un « système de tri » ?
Le terme est important pour comprendre la suite. Dans son mémoire, Lucie définit un système de tri à partir de trois dimensions.
Il y a d’abord les agroéquipements : le type de trieur, sa localisation, son caractère fixe ou mobile, son propriétaire.
Viennent ensuite le ou les procédés de tri : séparer deux espèces, enlever des poussières, éliminer des grains selon leur taille, leur densité ou leur couleur.
Enfin, il y a toute l’organisation autour du matériel : qui conduit le trieur, qui possède les compétences, comment le matériel circule, comment le tri est facturé ou encore où les grains et les machines sont stockés.

Prenons deux exemples :
- Un trieur mobile en Cuma, déplacé d’une ferme à l’autre et utilisé directement par chaque adhérent constitue un système de tri.
- Une chaîne fixe en Cuma, conduite par une personne qui trie les lots pour tous les adhérents, en constitue un autre.
Les équipements peuvent être différents. L’organisation l’est aussi.
Cette définition va servir de fil conducteur à toute l’étude. Grâce à elle, Lucie a pu comparer les situations rencontrées et identifier six systèmes de tri différents, pour les sept cas d’étude.
C’est ce que nous verrons dans le prochain épisode…

Plus d’informations sur le projet :

INTERCROPVALUES
2022-2026
Exploiter les avantages des cultures associées pour concevoir et gérer des systèmes de culture diversifiés, résilients, rentables et respectueux de l’environnement.