Cinq jours au cœur de la biennale agroéquipement
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La 27e Biennale des animateurs et conseillers agroéquipement s’est tenue au Havre du 12 au 16 octobre 2026 autour du thème « Les agroéquipements au cœur des transitions ».
Réunissant les réseaux Cuma et Chambres d’agriculture, cette semaine de formation a articulé interventions de spécialistes, échanges entre pairs, retours d’expérimentation et visites de terrain. Une même question a traversé les travaux : comment aider les agriculteurs et les Cuma à choisir et utiliser des équipements qui répondent à leurs besoins, tout en maîtrisant les charges, les impacts environnementaux et les risques ?
Cette édition a réuni 34 participants issus des deux réseaux. Plusieurs interventions ce sont succédés avec des contenus riches et variés questionnant à chaque fois la rôle des agroéquipements comme leviers de production agricole et de transition mais aussi celui du conseiller animateur / conseillère animatrice agroéquipement comme accompagnateur / accompagnatrice et/ou expert / experte pour aider les agriculteurs et les Cuma.
Il est difficile de restituer tous le contenu abordé et la richesse des échanges qui ont eu lieu durant toute une semaine. Néanmoins, voici un résumé non exhaustif de ce rendez vous incontournable des animateurs et conseillers agroéquipement.
Lundi 12 octobre : prise de hauteur sur sujets à enjeux
Décarbonation : combiner les énergies et mieux utiliser les machines – Juliette Cantaloube, AXEMA
L’intervention d’AXEMA présente les principales voies de décarbonation des agroéquipements : biocarburants, biométhane, électricité et hydrogène. Chaque solution est examinée sous l’angle de sa maturité, de l’autonomie, des infrastructures, du coût et des contraintes d’usage. Le HVO permet d’envisager une évolution du carburant sans renouvellement systématique de la machine, sous réserve des compatibilités. Le biométhane dépend de l’accès au ravitaillement. L’électrification apparaît plus accessible sur certains usages de petite et moyenne puissance, tandis que les fortes puissances restent confrontées au stockage d’énergie et à la recharge.
Le message central est celui d’une combinaison de solutions adaptée aux usages. Les scénarios présentés illustrent les compromis entre réduction des émissions et investissements. Les prix et pourcentages constituent des hypothèses de comparaison, à replacer dans leur périmètre avant toute décision d’équipement.

AXEMA élargit ensuite la réflexion au numérique, à la robotique et à l’intelligence artificielle. Dans l’enquête présentée, menée auprès de 503 agriculteurs en 2025, 56 % déclarent accéder à une fonctionnalité numérique et 41 % en utiliser effectivement une. Cet écart souligne l’enjeu de l’accompagnement après l’achat. Pour les conseillers, la décarbonation passe ainsi par le choix de l’énergie, mais aussi par une meilleure utilisation du parc et par la démonstration des bénéfices des technologies disponibles.
Evolution du conseil agroéquipement – Sylvain Brunier (CNRS) et Samuel Pinaud (Université Paris-Dauphine- IRISSO)
Etude de l’évolution du profil actuel des conseillers agroéquipement et prolongement des travaux sur les agroéquipements
Cette intervention avait pour objectif de faire retour aux participants sur l’évolution du métier du conseiller agroéquipement. Les deux intervenants sont des spécialistes de l’analyse des groupes socio-professionnels et leurs travaux portent depuis quelques années sur les acteurs de la filières agroéquipement dont font parti les conseillers-ères agroéquipement. Dans leur présentation, deux hypothèses sont exposées.
– Un rôle déclinant du conseil agroéquipement indépendant au profit d’autres acteurs notamment les constructeurs/concessionnaires.
– Une évolution des profils des conseillers/conseillères agroéquipement, plus généralistes et « moins expert » des problématiques agroéquipement qui questionne aussi l’évolution des profils d’agriculteurs d’aujourd’hui.
L’équipe agroéquipement de la FNCuma avait déjà dressé une première analyse de cette enquête agroéquipement issu menée conjointement en 2025 avec les deux intervenants que pouvez consulter via ce lien.

Mardi 13 octobre : partager les expériences des conseillers et échange entre pairs
Lire le bus CAN pour appuyer les formations à l’écoconduite – Christophe Auvergne, Chambre d’agriculture de l’Hérault
Christophe a présenté un dispositif développé qu’il a mis en place pour exploiter les informations déjà échangées entre les calculateurs du tracteur. La lecture du bus CAN, avec le protocole J1939, permet de récupérer notamment le régime moteur, la consommation horaire et la vitesse des roues. Un GPS apporte une vitesse de déplacement indépendante et un capteur indique la position du relevage. Ces données sont transmises vers un mini-ordinateur qui les enregistre et construit un tableau de bord consultable sur téléphone ou tablette.
L’objectif est pédagogique : rendre visibles les effets des réglages pendant une formation à l’écoconduite. La comparaison entre vitesse des roues et vitesse GPS aide à estimer le patinage, après étalonnage. Le suivi du relevage sert à distinguer les séquences de travail et de manœuvre. En renseignant la largeur de l’outil, le dispositif permet également de rapporter la consommation à la surface travaillée.
La solution propose une démarche de comparaison de plusieurs essais dans une même parcelle, avec le même outil. Pour les conseillers, l’intérêt réside dans la capacité à discuter les réglages à partir de mesures et à montrer les effets du régime, du rapport de transmission ou du patinage.
Objectif Sol : sécuriser une transition vers la conservation des sols – Sébastien JALBY , FDCuma Tarn : dispositif territorial du Tarn
Objectif Sol présente une démarche territoriale associant agriculture, eau, carbone et biodiversité. Le projet articule couverture des sols, diversification des cultures et réduction du travail du sol. Il est copiloté par le Syndicat du bassin versant du Tarn aval, la Chambre d’agriculture du Tarn et la fédération départementale des Cuma. L’ambition annoncée est d’accompagner 140 agriculteurs, en trois vagues, sur environ 8 300 hectares.
Le dispositif combine formation, diagnostics et accompagnement agronomique avec l’accès à des semoirs de semis direct et à des fissurateurs via le réseau Cuma. Il prévoit aussi le remboursement des semences de couverts pendant les trois premières années, dans la limite indiquée de 100 €/ha, ainsi que des actions sur les infrastructures agroécologiques. L’objectif de transition à zéro surcoût pendant trois ans correspond au dispositif d’aide présenté. Les frais d’entretien et d’assurance des matériels restent notamment à la charge des utilisateurs.
Le budget prévisionnel détaillé atteint environ 9,35 millions d’euros, avec des concours de France 2030 et de l’Agence de l’eau Adour-Garonne. Pour le conseil agroéquipement, l’expérience montre l’intérêt de financer ensemble les outils, l’apprentissage et le suivi des pratiques. La mise à disposition d’un matériel prend place dans un parcours d’engagement, plutôt que dans une décision d’achat isolée.
SPREPANA : relier écoconduite, carburant et qualité de l’air – Par Marion Enard et Mickaël Madier, réseau Cuma Nouvelle-Aquitaine
Le projet SPREPANA, soutenu par l’ADEME sur la période 2024-2026, vise à sensibiliser les agriculteurs à la réduction des émissions de particules fines liées aux pratiques de grandes cultures. Il associe essais, production de références et actions de diffusion. Les expérimentations mobilisent plusieurs territoires de Nouvelle-Aquitaine et différents outils de travail du sol : déchaumeurs à disques ou à dents, scalpeurs, fissurateurs et décompacteurs.
Les mesures portent notamment sur la vitesse d’avancement, le régime moteur et la profondeur. Des boîtiers connectés et des capteurs d’effort ou de couple contribuent à caractériser le fonctionnement du couple tracteur-outil. À Échiré (79), les essais de 2024 ont comparé plusieurs combinaisons sur un John Deere 6R190 associé à un Lemken Rubin 10 travaillant à 5 cm.
L’apport pour les conseillers est de montrer que les économies doivent être discutées à service rendu comparable : surface, temps et qualité du travail. Les estimations de particules présentées ne doivent pas être confondues avec une mesure généralisable à tous les tracteurs. Le projet produit également des supports de formation, des quiz et des démonstrations. Des prolongements sont envisagés sur le lestage, les pneumatiques et l’accompagnement de groupes à l’écoconduite.

OPTIMATAE : accompagner toute l’activité de désherbage mécanique – Par Annabelle Revel, Marion Enard et Gauthier Savalle, réseau Cuma
OPTIMATAE, pour « OPTImisation du MATériel au service de l’Agro-Écologie », utilise le désherbage mécanique comme point d’entrée pour faire progresser l’ensemble d’une activité collective. Porté par la FNCuma dans le cadre d’Ecophyto avec l’OFB, le projet se déroule en deux phases entre 2022 et 2028. Il associe des fédérations régionales et des partenaires techniques et scientifiques.
Le premier bloc porte sur l’élaboration et le test de diagnostics des matériels, complétés par une lecture qualitative du fonctionnement des groupes. Des enquêtes identifient les besoins des agriculteurs et des conseillers. Le projet prévoit aussi un inventaire des ressources et des formations pour renforcer les compétences. Cette approche associe l’état et les réglages des outils aux conditions d’organisation qui rendent leur utilisation possible.
Le second bloc vise la mise en place d’un service d’accompagnement à la maîtrise du désherbage mécanique. L’intervention invite les participants à préciser ce qu’un tel service peut apporter aux agriculteurs et aux nouveaux conseillers, ainsi que les suites à soutenir auprès des financeurs. Pour les Cuma, le message est clair : l’efficacité d’une bineuse ou d’une herse dépend aussi de l’accès au matériel au bon moment, de la coordination des utilisateurs et du suivi des pratiques. Le diagnostic devient un point de départ pour construire cet accompagnement. Gauthier a témoigné de son expérience dans le déploiement de ce diagnostic.

Samsys et Top Débit : documenter les applications de pulvérisation – Pierre-Denis Cault et Renaud Cavalier, Chambre d’agriculture du Gard
Cette expérience vise à transformer un pulvérisateur classique en source de données utilisables pour le suivi des interventions. Le montage associe un boîtier Samsys à la récupération de l’état des tronçons et à des débitmètres, en lien avec Top Débit. La géolocalisation et l’horodatage permettent de replacer les informations dans la parcelle. L’objectif est de retrouver les passages, les périodes d’ouverture et les volumes appliqués, puis d’alimenter un journal de travaux.
La présentation distingue deux niveaux d’information. Un signal électrique d’ouverture décrit l’ordre transmis à une électrovanne. Il ne garantit pas, à lui seul, qu’une buse fonctionne correctement. Les débitmètres apportent une information complémentaire sur les volumes, dont la qualité dépend de l’étalonnage, du montage et de l’entretien. La précision GNSS standard, annoncée de l’ordre de quelques mètres, permet d’identifier une parcelle mais limite l’analyse fine de petits recouvrements.
Le stockage local des données, suivi d’une synchronisation au retour du réseau, répond aux coupures de connexion. Les perspectives concernent la pression, le suivi plus fin des applications et l’automatisation de certaines saisies. Pour le conseil, l’intérêt réside autant dans l’installation que dans la vérification des données produites. La traçabilité obtenue doit rester cohérente avec les exigences du registre et avec les fonctionnalités réellement opérationnelles. Cette traçabilité peut être utilisée aussi auprès des organismes de contrôle notamment dans le cadre des traitements phytosanitaires à proximité des habitations ou des lieux publics.

Scalpage : une efficacité au désherbage à apprécier après le repiquage – Richard Wylleman, Chambre d’agriculture de l’Yonne
Le retour d’expérience porte sur une journée de démonstration organisée à Gy-l’Évêque le 30 septembre 2025, prolongée par un suivi de parcelle pour tester plusieurs outils de scalpage. La demande initiale venait d’agriculteurs recherchant des solutions face aux résistances des adventices et à la réduction des possibilités de désherbage chimique. L’évaluation examine la capacité des outils à sectionner les plantes, la régularité de profondeur et l’évolution des repousses après intervention.
Les résultats montrent l’intérêt de distinguer scalpage immédiat et destruction effective. L’efficacité évaluée à 94 % de pieds scalpés en moyenne 5 jours après l’intervention, mais 33 % de repiquage observé au 14 octobre ramenant l’efficacité à 57 % de pieds éliminés à cette dernière date. Les conditions humides, les pluies suivant l’intervention et les températures douces ont favorisé la reprise des plantes. Les écarts entre outils restent importants.
Le scalpage constitue ainsi une option à combiner avec d’autres leviers et à ajuster aux conditions d’intervention. La stabilité de l’outil, la rigidité des supports, le recouvrement des socs et la limitation de l’appui sont déterminants. Les équipements qui exposent les plantes en surface peuvent compléter le travail. Pour les conseillers, le principal enseignement est méthodologique : une démonstration doit être suivie dans le temps pour apprécier l’efficacité agronomique réelle, au-delà de l’aspect de la parcelle juste après le passage.

Comparatif télescopique électrique et diesel : quels enseignements ? – Stéphane Grand, Chambre d’agriculture de la Creuse
Ce expérience présente une comparaison entre les Manitou MLT 625-75 H diesel et MLT 625e électrique, réalisée au GAEC Dumayet Rouchon dans la Creuse, avec le magazine Matériel Agricole et Manitou. Le protocole associe mesures des machines, temps de cycles et consommations sur plusieurs tâches d’élevage. Les ateliers portent sur la manutention de paille, le fumier, le curage, la distribution d’aliments, le chargement d’une pailleuse et un trajet routier.
Avec les prix retenus de 0,13 €/kWh et 1,20 €/l de GNR, le coût énergétique de l’électrique est inférieur sur tous les ateliers présentés. Le coût du curage est chiffré par exemple à 3,93 € contre 10,47 € pour le diesel. Ces montants concernent l’énergie consommée pendant les ateliers et ne représentent pas un coût complet. L’absence de consommation au ralenti pour la version électrique constitue un point favorable dans les situations avec des temps d’attentes fréquents.
L’approche économique complète nuance ce premier constat. Avec des hypothèses de prix d’achats de 125 000 € pour l’électrique et 84 000 € pour le diesel, amortis sur sept ans, le coût annuel présenté atteint environ 18 931 € pour le chargeur électrique contre 15 397 € pour le diesel. Les durées d’utilisation retenues diffèrent entre les machines et la valeur résiduelle n’est pas intégrée en l’absence de références pour la valeur de revente des chargeurs électriques.

Une interface dynamométrique pour mesurer l’effort au niveau de l’outil – Éric Canteneur, Union des Cuma des Pays de la Loire
Ce temps poster présente la réalisation d’une interface dynamométrique destinée à renforcer les essais sur les consommations de carburant. La démarche prolonge les travaux conduits depuis 2010 par la FRCuma Ouest sur les effets de la profondeur, de la vitesse, des transmissions, des pneumatiques ou du type d’outil. Ces essais ont fait émerger le besoin de mieux caractériser les besoins de puissance et l’effort de traction, en complément du suivi de consommation.
Un dynamomètre acquis en 2015 permettait de mesurer un effort, mais avec une configuration qui ne représentait pas directement l’attelage de l’outil étudié. La nouvelle interface cherche à rapprocher la mesure de la situation réelle de travail. Une prise de contact avec In-Situ en 2024 a été suivie d’une livraison et de premiers essais statiques en 2025. En 2026, le dispositif est testé en dynamique mais relève des écarts importants qui nécessitent encore de viabiliser le dispositif de mesure.
L’interface est reliée à une nouvelle console de consommation de carburant afin d’acquérir les informations simultanément. Le travail porte encore sur l’exploitation des données brutes et leur cohérence avec le dynamomètre de référence. Pour les réseaux, son intérêt est de mieux mesurer et d’expliquer les différences de consommation et de construire des comparaisons plus solides entre outils selon les conditions de travail et de réglages.

Agrivoltaïsme : concevoir les installations avec le parc matériel autoguidé – Fabrice Maitrot, FRCuma Bourgogne-Franche-Comté
Le cas présenté concerne l’accompagnement d’un développeur agrivoltaïque et de quatre agriculteurs sur la mécanisation des grandes cultures. Le conseil porte sur l’écartement entre les pieux, la largeur réellement cultivable et les bandes de sécurité. Ces choix doivent permettre de concilier production agricole, implantation photovoltaïque et utilisation des matériels. La largeur de travail d’un outil doit notamment être distinguée de son encombrement total.
La compatibilité du guidage RTK dans les structures constitue une question centrale. Des essais sur un parc témoin sont prévus avec les fournisseurs de guidage pour apprécier les perturbations en conditions réelles. La fertilisation est également un point sensible : les distributeurs d’engrais centrifuges s’accordent difficilement avec les installations en bandes, ce qui conduit à examiner des solutions d’épandage avec rampes pneumatiques mais très couteuses.
Le tableau de scénarios montre l’intérêt de raisonner les bandes cultivées en multiples des largeurs de semis, de pulvérisation et de fertilisation.

Maïs à écartement réduit : des résultats prometteurs à confirmer – Par Arnaud Dubois, Chambre d’agriculture Allier
Les essais comparent des semis de maïs à environ 40 cm et à 80 cm d’écartement, dans une démarche de réduction des produits phytosanitaires en zone de captage. Plusieurs semoirs sont mobilisés, avec des écartements de 37,5 ou 40 cm selon les configurations. Le suivi associe rendement, salissement et dynamique de prélèvement. Le maïs grain irrigué est étudié en 2025 et 2026, puis le dispositif est élargi au maïs ensilage non irrigué.
Sur le grain irrigué, à 90 000 grains/ha, le support ne relève pas de différence significative de rendement sur les deux années. En ensilage non irrigué, il rapporte un avantage de 49 % en faveur du semis réduit, tout en demandant de rester prudent puisqu’il s’agit d’une première année de suivi. L’écartement réduit favorise une couverture plus rapide de l’interrang et limite le salissement de fin de cycle, mais peut aussi provoquer davantage de levées initiales de graminées.
Les sondes montrent une répartition différente des prélèvements en eau au cours du cycle, sans baisse de consommation totale dans le suivi présenté. Une modalité de désherbage entièrement mécanique n’a pas pu être menée faute de disponibilité des matériels.

VAL’OR : mieux valoriser les engrais organiques et chiffrer les chantiers – Par Hervé Masserot, FDCuma de la Mayenne
Le projet VAL’OR place la qualité de l’épandage au croisement de la fertilisation organique, des coûts économiques induits sans perdre de vue, la qualité de l’air. Conduit dans le cadre d’un CASDAR démultiplication entre octobre 2023 et octobre 2026, il associe plusieurs composantes du réseau Cuma, des Chambres d’agriculture, des instituts techniques, AILE et l’enseignement agricole. Il vise les agriculteurs et futurs agriculteurs, ainsi que les conseillers et enseignants qui les accompagnent.
Le programme organise la collecte de ressources, leur diffusion et la transformation d’outils pédagogiques en formats diffusables. Il prévoit notamment un outil de calcul du coût des chantiers d’épandage. Les autres axes concernent l’usage des produits résiduaires organiques sur cultures d’hiver, les technologies infrarouges, l’épandage en conditions montagneuses, les productions sous signes de qualité et l’acceptabilité des épandages.
Ce projet permet entre autres de produire plusieurs ressources dont un calculateur en ligne (version provisoire). Ces outils donnent un point d’appui pour comparer des organisations de chantiers et d’alimenter les discussions pour anticiper les investissement. Pour une Cuma, l’enjeu est de rapprocher le choix d’un équipement moins émissif de la logistique complète : transport, débit de chantier et conditions d’intervention. La présentation met aussi l’accent sur la diffusion par les démonstrations, les portes ouvertes et les interventions auprès des jeunes.

SAED : expérimenter un robot pour l’entretien sous les clôtures – Par Gérard Besnier, Chambre d’agriculture des Pays de la Loire
Dans le cadre de SAED, « Souveraineté alimentaire et élevage de demain », une expérimentation de robotique appliquée à l’entretien sous les fils de clôture est présentée. Le projet associe innovation et montée en compétences, en lien avec les besoins des systèmes d’élevage. L’essai doit se dérouler à la ferme expérimentale des Établières, à La Roche-sur-Yon (85), avec l’appui de partenaires techniques et pédagogiques.
Le dispositif combine un robot chenillé électrique en kit distribué par SABI AGRI et une tête de tonte interceps Boisselet dotée d’un système d’effacement. Le robot annoncé pèse 240 kg, possède un guidage RTK et se déplace jusqu’à 3 km/h. Le support mentionne deux batteries de 2,7 kWh pour le robot et une batterie supplémentaire pour l’ensemble de tonte. Les prix indicatifs sont de 15 840 € pour le robot et de 13 275 € pour l’équipement de tonte.
Le montage doit mobiliser des étudiants spécialisés en agroéquipement du lycée de La Germinière, au Mans (72). L’objectif est aussi de s’approprier une technologie ouverte et de construire des modules de formation. Plusieurs essais sont au programme.

AgXeed en Normandie : organiser l’usage collectif des robots des champs – Gauthier Savalle FPCuma Seine Normande
Les essais normands du projet Robots des champs II étudient la possibilité de partager un robot AgXeed entre plusieurs exploitations. Les objectifs portent sur la réduction des pics de travail, la qualité des interventions et la viabilité technique et économique du collectif. Le rôle des animateurs comprend le choix des parcelles, la planification, la préparation cartographique et le suivi des consommations et des temps.
Un essai de semis d’orge après maïs grain, réalisé avec un AgXeed T2 de 156 ch et un combiné Lemken de 3,5 m, rapporte 22,4 ha travaillés en 28 heures. Le débit, temps morts inclus, est situé entre 0,75 et 0,85 ha/h. La consommation indiquée est de 14,9 l/ha, comparée à une référence tracteur de 18 à 20 l/ha.
Les observations en bocage insistent sur le détourage préalable, les branches et les passages entre parcelles. L’usage collectif suppose un référent formé, une supervision adaptée et une logistique de transport. Des essais de modèles plus puissants sont envisagés. Pour les Cuma, le potentiel d’allongement des plages de travail doit donc être évalué avec les temps de préparation, les incidents et l’organisation nécessaire autour de la machine.

Mercredi 14 octobre : Visites terrain : Observer les installations, les matériels et fonctionnement des collectifs normands
SECOPPA : la luzerne et le séchage au service des complémentarités locales
La séquence consacrée à la SECOPPA met en perspective la coopération entre céréaliers et éleveurs autour de la luzerne et de l’autonomie protéique. Les deux responsables de la Cuma ont introduit la visite sur la genèse du collectif, de sa logistique et des équipements de récolte et de transformation. Cette approche permet de considérer la filière dans son ensemble : produire le fourrage, organiser sa collecte et disposer d’un débouché répondant aux besoins des élevages. (70% de la luzerne séchée est transformée en bouchons).
Les échanges avec le groupe ont porté sur des matériels de récolte et de transport du fourrage, les organisation de chantier ainsi que des installations sous bâtiment. Elles documentent également des équipements de circulation d’air (procédé breveté par l’entreprise qui a construit l’installation) et de traitement du produit, des espaces de stockage et une présentation de l’installation aux participants. L’observation de ces différents postes permet de relier les choix de matériel à l’organisation des flux sur le site.
Pour les conseillers, l’intérêt de cette visite est de replacer l’investissement dans un projet de filière. Une activité collective de séchage mobilise plusieurs maillons dont les capacités et les calendriers doivent être coordonnés. Ce projet illustre le rôle du collectif dans l’accès à des installations et à une organisation dépassant les possibilités d’une seule exploitation, sans permettre à elles seules d’en établir les performances économiques ou énergétiques. Ce projet est toujours en phase d’apprentissage dans son fonctionnement. La SECOPPA teste d’autres produits à sécher pour rentabiliser cette investissement.



Autour de la Voie Romaine : matériels partagés et découverte de la filière lin et Chanvre
Visite de terrain l’après-midi
La seconde partie de la journée prolonge les échanges sur les collectifs agricoles normands et les équipements spécifiques. La Cuma Voie Romaine permet à ses adhérents d’accéder à une main d’oeuvre qualifiée, un parc diversifié, un bâtiments avec atelier de réparation.
La présentation par les élus de la Cuma, puis leurs salariés mettent en évidence l’articulation entre connaissance du produit (lin et chanvre) et connaissance de la machine. Les échanges autour des tiges et des fibres permettent d’aborder les exigences particulières d’une filière, avant d’examiner les équipements mobilisés.
Un directeur d’une unité de teillage a complété ces témoignages par plusieurs explications et démonstrations pour mieux comprendre les exigences de la filière lin de point de vue agronomique et économique dans un contexte de production devenue mondiale (80% de la production française part à l’export vers la Chine et l’Inde notamment. Il a fait un retour également de la mise en place d’une filière chanvre à titre expérimental à ce stade et le rôle de la Cuma pour le développer.
En plus des matériels spécifiques à la culture lin, la Cuma Voie Romaine a présenté d’autres matériels qui montre la diversité des activités prises en charge (betterave, ensilage, épandage, travail du sol, trieur de semences…) .
Pour les animateurs et conseillers, cette visite apporte un support concret à la réflexion sur la spécialisation et la mutualisation. L’accompagnement d’une production exige de comprendre la succession des opérations, les besoins de compétences et les périodes d’utilisation des équipements.




Jeudi 15 octobre : Approfondir la connaissance des solutions techniques et les modalités d’achat
Objets connectés Low Tech : comment concevoir ou faire évoluer des solutions technologiques à moindre coût ? – Nicolas Daüy, FURGO
Cette atelier propose une lecture accessible des objets connectés agricoles. Un objet associe des capteurs, un programme, une alimentation et un moyen de communication, auxquels s’ajoutent les infrastructures et les services qui rendent les données utilisables. Le choix technique doit partir du besoin : quelle information mesurer, à quelle fréquence, à quelle distance et avec quelle autonomie ?
3 exemples sont exposés pour identifier les briques technologique nécessaires et les coûts économiques associés. Les exemples portent sur le suivi de matériels, Débitdouille pour la pulvérisation, l’adaptation de stations météorologiques et des réseaux d’alerte gel. Débitdouille illustre une architecture locale : les mesures de pression, de débit et de vitesse sont transmises par Bluetooth vers un smartphone, sans serveur. Le suivi de matériels à plus grande échelle demande, lui, une réflexion sur la couverture, le stockage et le traitement des positions avant leur utilisation pour la facturation.
L’intervention distingue le prix des composants du coût d’un service fiable. Développement, boîtier, connectique, certification, maintenance et gestion des données doivent être intégrés. Pour les Cuma, la démarche aide à préciser un cahier des charges et à dialoguer avec un fournisseur ou un partenaire technique. Les solutions ouvertes et le réemploi d’équipements peuvent réduire certains coûts, à condition de prévoir les compétences et le suivi nécessaires dans la durée.
Freinage à double ligne : comprendre les circuits pour vérifier les compatibilités – Didier Cornu, Hyrokit
Cet atelier présente le fonctionnement des freinages hydrauliques et pneumatiques à double ligne. Il distingue les fonctions de service, de secours et de stationnement, puis suit les états des circuits lorsque le conducteur freine, serre le frein de parc ou rencontre une défaillance. Les schémas hydrauliques expliquent le rôle de la conduite de commande et de la conduite supplémentaire, des valves et des dispositifs de sécurité.
L’un des points majeurs des échanges concerne la compatibilité entre matériels simple ligne et double ligne.
L’intervenant expose aussi les principaux composants pour le freinage pneumatique : le compresseur, le dessiccateur, les réservoirs, les valves et les modes de secours en cas de panne électrique ou de rupture. Pour les conseillers, l’intérêt est de comprendre le fonctionnement de l’ensemble tracteur-remorque et de repérer les informations à vérifier auprès des concessionnaires/constructeurs.
Circuit alternative à l’achat d’agroéquipements : ventes aux enchères – Jérôme Lefort, Ritchie Bros
L’intervenant a présenté le fonctionnement des ventes de matériels aux enchères et leur place dans les stratégies de renouvellement. Les situations évoquées concernent notamment les changements de parc, les cessations d’activité, les transmissions et les fusions de Cuma. L’entreprise met en avant l’accès à des acheteurs internationaux, l’inspection des matériels et la prise en charge d’une partie de la commercialisation. La formule de vente sur le site du vendeur vise aussi à limiter certains transports.
Le parcours décrit commence par un état des lieux des machines (informations et photographies), puis une expertise, une estimation et le choix d’un contrat. La vente aux enchères peut se faire sous deux types de contrat : la vente à commission ou bien vente avec montant net garanti. L’anticipation permet de préparer les machines et les documents, puis d’organiser leur visibilité avant la vente.
Du côté de l’acheteur, la présentation rappelle l’inscription, le dépôt éventuel, les possibilités d’essai et les délais de paiement et d’enlèvement. Pour une Cuma, l’intérêt doit être apprécié à partir du produit net vendeur ou du coût rendu acheteur, après frais et logistique. L’examen des rapports d’inspection, des documents et des conditions contractuelles fait ainsi partie intégrante de la décision.
Un outil d’estimation de matériel d’occasion est présenté à cet atelier. Il est basé sur les prix de ventes des 3 dernières années. Un outil précieux pour les conseillers qui ont des missions d’estimation de matériel pour confronter leurs estimations.
Présentation du dispositif NEOPULVE et outils produits pour le conseil machinisme sur la pulévrisation – Jean-Paul Douzals, INRAE
Cet atelier a permis aux participants de visualiser et de « tester » les supports de formation produits dans le cadre du projet Néopulvé. Ce dernier a permet de produire des outils à destination des formateurs et conseillers agroéquipement intervenant sur la thématique de la pulvérisation. Ils sont basés sur le retour d’expérience de plusieurs experts agroéquipement et inspecteurs pulvé. Un groupe de conseiller participant à l’atelier est invité à continuer « le test » de ces supports pour les mettre à disposition du plus grand nombre de participants. Ces supports contiennent entre autre un guide d’achat pulvérisateur et un guide réglage et entretien valable aussi bien pour la pulvérisation viti/arbo que grandes cultures.
Vendredi 16 octobre : Actualités réglementaires sur les agroéquipement
Où sommes nous dans les discussions sur le freinage ? • Quelles évolutions et conséquences du nouveau règlement Machines applicable à partir du 20 janvier 2027 • ABS obligatoire ou pas ? – Nassim HAMITI, FNCuma
L’intervention fait le point sur les difficultés de compatibilité du freinage entre tracteurs et matériels remorqués. Elle retrace les discussions menées en 2026 avec les représentants des utilisateurs, les constructeurs, les distributeurs, l’administration et les organismes techniques pour étudier un cadre simplifié de rétrofit. L’agrément de prototype est présenté comme une piste de travail. Nassim fait état de positions différentes entre acteurs et d’un chantier encore en discussion pour trouver un cadre réglementaire simplifié pour modifier les machines y compris le volet freinage pour les rendre « compatibles ».
Pour répondre aux questions des animateurs, Nassim a fait un point règlementaire sur l’obligation ou pas du système antiblocage et le connecteur couramment appelé « prise ABS ». Ce connecteur peut servir à l’alimentation et à la surveillance de fonctions de freinage. Sa présence ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à un antiblocage effectif. Ce point répond à des situations rencontrées dans les Cuma lors de l’arrivée de remorques récentes.
Le passage au règlement Machines 2023/1230 obligatoire à partir du 20 janvier 2027 est abordé à travers plusieurs sujets notamment, les modifications substantielles, les machines autonomes, la supervision, la cybersécurité et les notices numériques. Les risques de renversement et de contact avec les lignes électriques sont également discutés.
Effluents et PREPA : anticiper les conséquences sur les équipements d’épandage – Nicolas Walter, Chambres d’agriculture France
Nicolas Walter présente une évolution de la classification des matières fertilisantes et supports de culture. Il souligne que les effluents organiques ne peuvent pas être traités comme un ensemble réglementaire unique : la nature de la matière et les conditions de son utilisation déterminent les exigences à examiner.
La seconde partie porte sur les travaux de révision du PREPA pour 2026-2029 et la réduction des émissions d’ammoniac. L’intervention met en avant les équipements moins émissifs, notamment les pendillards, les injecteurs, les enfouisseurs et les couvertures de fosses. Elle présente également des orientations concernant l’usage des buses palettes et l’incorporation rapide après épandage. Les seuils et dérogations s’inscrivent dans les discussions en cours et ne doivent pas être présentés comme une obligation nouvelle déjà stabilisée.
Risques machines : intégrer la prévention dans les projets d’équipement – Par Benoît Moreau, MSA
L’intervention de la MSA rappelle le poids des machines dans les accidents agricoles et l’importance d’agir dès la conception des situations de travail. Sur les données 2010-2018 présentées, les équipements de travail sont associés à plus d’un accident avec arrêt sur six et à 26 % des accidents mortels, salariés et non-salariés réunis. Ces repères décrivent une période statistique passée et ne constituent pas un bilan de l’année 2026.
Les tracteurs, les matériels de transport et de manutention ainsi que les outils coupants figurent parmi les équipements fréquemment impliqués. La présentation attire aussi l’attention sur les jeunes et les salariés récemment embauchés. Le port de la ceinture est abordé face aux risques d’éjection et d’écrasement. Les données routières complètent le constat en montrant la gravité des accidents impliquant les tracteurs, pour leurs occupants comme pour les autres usagers.
La MSA agit sur la sensibilisation, l’accompagnement et la normalisation. Le signalement de machines dangereuses doit contribuer à faire remonter les difficultés d’utilisation réelle. Un exemple de travail commun MSA-Cuma concerne la conception des bâtiments, des ateliers et des espaces extérieurs. Pour les conseillers, cette intervention encourage à intégrer circulation, maintenance, accueil des salariés et conditions d’usage dans les projets d’investissement. La prévention trouve ainsi sa place au même niveau que les critères de coût et de performance.