PARAD : le réseau Cuma au cœur de la conception et du déploiement d’alternatives aux herbicides
Publié le
Face à la réduction des solutions herbicides, le projet PARAD ambitionne de produire des connaissances, des méthodes et des références pour accompagner la transition agroécologique de la gestion des adventices. Dans ce programme national porté par INRAE, le réseau Cuma apporte une contribution stratégique, en particulier dans la conception collective d’innovations à partir des pratiques de terrain et des situations concrètes des agriculteurs.
PARAD, « Pour anticiper, innover et accompagner la transition agroécologique de la gestion des adventices », est un projet construit pour répondre aux impasses techniques créées par la réduction des herbicides et le retrait progressif de 31 molécules.
Ses objectifs sont de :
- mieux connaître la biologie des adventices,
- optimiser les leviers agroécologiques,
- mobiliser l’innovation technique et numérique,
- évaluer les systèmes de culture en rupture,
- concevoir des solutions avec les acteurs de terrain et renforcer la formation sur ces enjeux.
Le projet est porté par INRAE, réunit 19 partenaires et couvre la période 2025-2029 à l’échelle de nombreuses filières, des grandes cultures à la vigne, en passant par l’arboriculture, les légumes, l’horticulture, les PPAM et l’agriculture biologique.
L’originalité de PARAD tient à son ampleur et à son approche systémique. Le projet ne cherche pas une solution unique au désherbage, mais combine plusieurs registres d’action : l’écologie des adventices, les leviers agronomiques, l’agroéquipement, l’évaluation multicritère des systèmes et l’étude des innovations réellement mises en œuvre sur le terrain.
Il assume aussi une ambition forte de transfert, avec la volonté de produire des connaissances utiles pour l’action et mobilisables par les agriculteurs et agricultrices, les conseillers et conseillères, les formateurs et formatrices et les collectifs agricoles.
Un chantier central pour partir des réalités de terrain
Une action en particulier est consacré à l’appui à la conception collective d’innovations, à partir des pratiques et de situations des acteurs. Son ambition est de produire des connaissances sur les pratiques, les situations de travail et les dynamiques d’innovation des agriculteurs et agricultrices et des acteurs des territoires, afin d’anticiper les effets des retraits d’herbicides et de concevoir des alternatives pertinentes. Il ne s’agit donc pas seulement de tester des solutions, mais de comprendre comment elles émergent, se transforment, circulent et peuvent être déployées dans des contextes variés.
Le retour de la traque aux innovations
En 2025, les travaux consistaient à mettre autour de la table chercheurs, instituts, réseaux de terrain et organisations agricoles pour construire ensemble les questions de travail. En octobre 2025, une formation sur les bases de la biologie des adventices et les leviers agronomiques a été organisée pour les partenaires par Bruno Chauvel (INRAE) et Alain Rodriguez (ACTA).
En 2026, les travaux reposeront sur la caractérisation des situations critiques ou problématiques, une traque aux innovations de terrain, et l’analyse les trajectoires d’agriculteurs pour accompagner le changement. Les partenaires chercheront également à comprendre les activités de déploiement, d’essaimage et de passage à l’échelle des alternatives.
C’est dans cet ensemble que le réseau Cuma trouve une résonance particulièrement forte, car il intervient précisément à l’interface entre innovation technique, organisation collective et diffusion territoriale.
Des ressources mobilisables par le réseau Cuma
Un enjeux de ces travaux est notamment de formaliser des repères méthodologiques sur la traque aux innovations, des analyses sur les trajectoires de changement, ainsi que des enseignements sur les conditions concrètes d’essaimage des alternatives. À terme, ces productions devraient nourrir autant l’accompagnement des groupes que les stratégies collectives autour des agroéquipements et des systèmes de culture.
Le réseau Cuma apporte une expertise spécifique sur les agroéquipements et leur gestion collective : les alternatives aux herbicides s’appuient très souvent sur des combinaisons entre pratiques agronomiques, outils mécaniques, réglages, calendrier d’intervention et organisation collective.
Cette orientation fait écho au projet ALIAGE, piloté par la FNCuma, qui se centrait sur les innovations couplées entre machinisme, organisations collectives et systèmes techniques pour réduire ou supprimer l’usage du glyphosate. Les résultats méthodologiques et techniques produits dans ALIAGE pourront nourrir PARAD, notamment pour la traque aux innovations et la caractérisation des innovations associant agroéquipement et évolution des systèmes.
Suivez les actualités du projet PARAD sur la pagé dédiée du site internet de la FNCUMA