OPTIMATAE : un accompagnement de qualité pour réussir le passage au désherbage mécanique

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En Grand Est, une expérimentation menée avec plusieurs groupes a permis de tester des briques concrètes du futur service d’accompagnement à la maîtrise du désherbage mécanique (SAM DM). Diagnostic, accès aux ressources, formation, essais, démonstration : tout n’a pas le même poids, ni la même facilité de mise en œuvre.

Dans OPTIMATAE, le bloc 1 a permis de construire des premiers outils, de produire des ressources et de mieux comprendre les conditions de maîtrise du désherbage mécanique. En Grand Est, cette expérimentation a permis d’aller un cran plus loin : non plus seulement réfléchir au futur service, mais en tester plusieurs briques dans des groupes engagés, avec en toile de fond la question suivante : de quoi une Cuma a-t-elle réellement besoin pour mieux utiliser ses matériels de désherbage mécanique ?

Dans de nombreuses Cuma, les matériels existent, parfois dans les hangars depuis plusieurs années, mais ils ne sont pas toujours utilisés à leur plein potentiel. L’enjeu n’est donc pas seulement d’investir, mais de créer les conditions pour que ces outils trouvent vraiment leur place dans les pratiques du groupe. C’est dans cette logique que cette expérimentation a été conduite : tester des leviers d’accompagnement pour aider des collectifs à mieux se saisir de leurs matériels.

Ce travail fait partie du bloc 2 d’OPTIMATAE : créer un service d’accompagnement à la maîtrise du désherbage mécanique (SAM DM) fondé sur le triptyque diagnostic, ressources techniques et montée en compétences, pour massifier une adoption réussie du désherbage mécanique à partir des réalités de terrain.

Premier enseignement fort : le diagnostic a du sens, à condition de ne pas en rester à un simple constat. Dans cette expérimentation, la phase de diagnostic a été conçue comme une porte d’entrée dans le fonctionnement du groupe. Son rôle n’est pas uniquement de regarder le matériel, mais d’aider à faire émerger des pistes d’amélioration et à construire un plan d’actions.

Le diagnostic des matériels est un bon point d’entrée pour discuter, prendre du recul et ouvrir des échanges, mais il ne suffit pas à lui seul. Il doit déboucher sur des suites concrètes, sans être perçu comme un audit de ce qui ne va pas.

L’expérimentation confirme aussi un point important : les ressources techniques existent, mais elles ne sont pas toujours accessibles au bon moment, dans le bon format, pour aider réellement à décider ou à agir. Les ressources repérées dans le projet OPTIMATAE ont été mises à dispositions des groupes, elles ont été jugées pertinentes et peuvent constituer un appui utile au service, mais il reste un travail à mener pour rendre leur accès plus intuitif.

L’un des apports les plus intéressants de cette expérimentation est d’avoir comparé plusieurs leviers. Deux ressortent comme particulièrement prometteurs pour le futur service.

D’abord, la formation. Elle permet de faire monter en compétences, de gagner en expérience et de bénéficier de retours extérieurs. Ensuite, les essais. Ils apportent des résultats chiffrés sur l’efficacité des interventions, font progresser les agriculteurs par la pratique, et permettent aussi de lever certains freins à l’utilisation des matériels. Quand les résultats sont ensuite partagés, ils deviennent utiles à d’autres agriculteurs du groupe ou du territoire.

L’expérimentation montre que l’apprentissage passe par l’expérience, l’échange, la comparaison, la mise à l’épreuve au champ et la discussion collective autour de ce qui a été observé. 

La démonstration dynamique a également été testée. Elle présente un  réel intérêt : voir les outils en action, comprendre leurs réglages, observer leur efficacité, favoriser les échanges entre agriculteurs, techniciens et constructeurs. Mais elle apparaît plus difficile à intégrer comme brique centrale du service.

Les enseignements globaux du projet OPTIMATAE vont dans le même sens. Les partenaires en région observent que les démonstrations matérielles ont parfois une efficacité limitée pour embarquer les agriculteurs les moins convaincus, notamment quand les freins restent techniques, organisationnels ou économiques.

Cela ne veut pas dire qu’il faut les écarter, mais plutôt les repositionner : la démonstration semble utile comme appui, comme déclencheur ou comme support d’échange, pas comme réponse suffisante à elle seule.

Optimiser l’utilisation des outils de désherbage mécanique ne revient pas seulement à mieux régler une bineuse, une herse étrille ou une houe rotative. Cela suppose aussi du temps, de l’observation, des échanges, des essais, de la coordination et parfois une remise à plat des habitudes du groupe. Un sujet technique donc, mais également collectif, organisationnel et humain.

Le SAM DM, en cours de construction dans le bloc 2 du projet OPTIMATAE, tient compte de ces enseignement pour articuler un diagnostic d’entrée pour identifier et qualifier les besoins du groupe, un accès simplifié à des ressources utiles, et des leviers d’accompagnement « à la carte », selon les besoins des collectifs.

 

 Plus d’information sur le projet :

OPTIMATAE

2022-2025

Favoriser l’utilisation d’outils de désherbage mécanique, pour réduire le recours aux produits pharmaceutiques.