Les priorités 2026 des Cuma de Bourgogne-Franche-Comté

  • Vie du réseau Cuma

Publié le

Hervé Delacroix est président de la fédération des Cuma de Bourgogne Franche-Comté .Il nous livre son point de vue sur les enjeux des prochains mois pour les Cuma de sa région.

Hervé Delacroix cuma bourgogne franche comté

Quels sont les sujets prioritaires en 2026 pour la fédération des Cuma de Bourgogne Franche-Comté ?

Ils sont nombreux et nous nous serions bien passés de certains. Je pense à la facturation électronique, notamment, qui va mettre en alerte tout notre réseau de comptabilité. Mais qui risque également de mobiliser l’équipe massivement. C’est une grosse mutation, quel en sera le prix ? Cette réforme ne va pas nous simplifier la vie dans les prochains mois, on appréhende ce moment de flottement. En interne, toujours, nous allons vivre une année de restructuration des équipes avec le recrutement d’une nouvelle direction.

Et de manière générale, quelles seront les préoccupations des Cuma pour ces prochains mois ?

On continue d’avancer sur le sujet des charges de mécanisation. C’est un point important pour nos exploitations. L’équipe s’est formée aux outils qui leur sont disponibles pour accompagner les agriculteurs dans l’optimisation de leurs équipements. Ils sont ainsi autonomes sur le terrain et prêts à sensibiliser, voire à conseiller les Cuma qui le souhaitent sur ce sujet. Nous continuons à travailler avec la chambre d’agriculture sur ces compétences car le monde des Cuma ne peut être le seul à porter ce dossier. Par ailleurs, nous mettons l’accent sur le renouvellement des générations. Un enjeu dans notre région où, dans certaines zones, la reprise des exploitations est en péril. Nous allons essayer de communiquer davantage sur l’intérêt  des Cuma. Aussi bien d’un point de vue économique que social, et autant pour un repreneur qu’un cédant

Les élus et l’équipe de salariés ont suivi une formation sur les relations publiques, qu’en retenez-vous ? qu’allez-vous mettre en place ?

Nous devons être présents là où les Cuma doivent être. Il faut que nous ciblions les rendez-vous importants afin d’être plus visibles. Je pense aux échanges avec la Région, les départements et d’autres organisations para-agricoles. Dès que l’on parle de machines, nous devons représenter les Cuma, être au premier plan dans nos territoires. Cela passe par la communication et notre mobilisation. À nous de montrer que nous sommes ancrés dans notre territoire, que nous avons une place. Nous devons aussi apprendre à exprimer nos besoins.

Comment se portent les Cuma de la région ? Comment et vers quoi évoluent-elles ?

Certaines zones souffrent. Je pense aux polyculteurs éleveurs des zones dites intermédiaires, où le potentiel des sols est moindre. L’année va être difficile pour eux. Les Cuma de ces territoires ne doivent pas hésiter à solliciter nos animateurs, ils peuvent proposer un accompagnement, des solutions. Il est aussi important de ne pas animer les tensions dans les groupes. Quand la trésorerie se tend, l’humain l’est aussi. A contrario, les Cuma sont des réponses à des phases de conjoncture complexes. Avec un bon dimensionnement du matériel, quand l’investissement est bien raisonné, la Cuma reste en effet un moyen d’accéder à du matériel moins cher.

Selon vous, comment rester optimiste face au contexte actuel morose ?

Malgré la crise actuelle, les Cuma ont tout à gagner. C’est un lieu de lien social, au-delà des économies qu’elles proposent. Avec l’adoption du crédit d’impôt pour les agriculteurs en Cuma, c’est un message fort qui nous a été envoyé. Ça va dans le bon sens et la mesure apporte un peu d’optimisme.

Propos recueillis par Lucie Debruyne pour le supplément Entraid Magazine Bourgogne Franche Comté d’avril 2026