Immersion en Toscane : trois jours au cœur des cultures associées en agriculture biologique

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Du 10 au 12 mars 2026, Léa Cruz, chargée de mission à la FRCUMA eu la chance de participer à un programme d’échange européen consacré aux cultures associées en agriculture biologique, organisé dans les régions de Toscane et d’Ombrie.

English version below

Cette cross-visit était coordonné par FIRAB (Fondazione Italiana per la Ricerca in Agricoltura Biologica e Biodinamica) dans le cadre du réseau Organic Advice Network (OAN), avec la participation de partenaires issus de toute l’Europe. Nos partenaires français APCA & ITAB ont coordonné la logistique. Nous étions 12 participants, venus d’Allemagne, Roumanie, Danemark, Finlande, France et Italie, tous engagés dans le conseil agricole, la recherche appliquée ou l’accompagnement de collectifs d’agriculteurs. Trois jours intenses, rythmés par des visites de fermes, des ateliers techniques et des échanges nourris sur les pratiques de cultures associées et les défis administratifs liés à la PAC.

Jour 1 – Florence et le Biodistretto del Chianti : diversification et filières locales

La première journée a débuté à Florence, avec une rencontre des participants suivie d’une présentation du Biodistretto del Chianti, un territoire engagé dans le développement de l’agriculture biologique.

Ces échanges se sont poursuivis lors de la visite d’une usine artisanale de fabrication de pâtes. Cette visite riche en savoir-faire, a permis de montrer une valorisation du blé biologique produit dans les fermes de la région.  .

Giovanni, le gérant de l’usine, affirme que les pâtes artisanales se différencient des pâtes industrielles par leur couleur : la couleur jaune des pâtes industrielles est en grande partie liée à la présence de furosine, une molécule qui se forme lors du séchage à haute température. Ce composé résulte des réactions de Maillard entre sucres réducteurs et acides aminés,et se traduit par une perte de lysine, un acide aminé essentiel, ce qui diminue légèrement la valeur nutritionnelle des protéines contenues dans les pâtes. . À l’inverse, les pâtes artisanales, séchées lentement et à basse température, développent beaucoup moins de furosine, ce qui explique leur couleur plus pâle et naturelle, fidèle à celle du blé dur.

La journée s’est conclue par un dîner convivial autour de produits bio locaux, un moment précieux pour renforcer les liens entre participants.

L’agriculture française était bien représentée: Mariam Roisin, de la CDA de l’Yonne et Olwen Thibaud de la CDA de l’Isère étaient présentes, une opportunité pour renforcer les liens entre nos structures et de futurs projets en commun. 

 

Jour 2 – Ferme Passerini : cultures associées en conditions réelles

Le deuxième jour était consacré à une visite approfondie de la ferme biologique Passerini, à Torrita di Siena. C’est une ferme d’une quarantaine d’hectares, exclusivement en grandes cultures (céréales et protéagineux). L’enjeu des cultures associées est double: diversifier la production et apporter de l’azote au sol ( à défaut d’avoir des effluents d’élevage). Sur place, nous avons observé plusieurs associations de cultures en plein champ, dont :

 

(M. Roisin, CDA de l’Yonne)

Ces essais ont permis de discuter :

Il est intéressant de noter que dans cette ferme, le travail au champ est entièrement réalisé par un prestataire. Il est parfois difficile d’être minutieux quant aux parcelles expérimentales. Les céréales et légumineuses sont directement triées sur la ferme. Sarah, l’agricultrice, a investi dans du matériel de tri, un moulin et un conditionneur. Elle vend une partie de sa production à la ferme et le reste à des restaurants sur Florence, des usines artisanales de pâtes… 

(M. Roisin, CDA de l’Yonne)

L’après-midi, nous avons rencontré les partenaires du projet IntercropVALUES, pour un atelier sur :

Jour 3 – Torre Colombaia : mécanisation et innovations

La dernière journée s’est déroulée en Ombrie, à la ferme Torre Colombaia, près de Pérouse. Nous y avons étudié des systèmes particulièrement intéressants :

(M. Roisin, CDA de l’Yonne)

Un apprentissage collectif riche et inspirant

Ce programme d’échange a été une immersion précieuse dans les pratiques d’interculture en bio, mais aussi dans les dynamiques territoriales italiennes, où les filières locales jouent un rôle central.

Les échanges entre participants venus de six pays ont permis de comparer :

Au-delà des aspects techniques, ce séjour a renforcé l’importance du conseil collectif, de la coopération européenne et de la diversification des systèmes céréaliers pour répondre aux défis climatiques, économiques et alimentaires. Ces apprentissages pourront directement être appliqués au seins de collectifs d’agriculteurs désireux de développer cette pratique. 


Immersion in Tuscany: Three Days at the Heart of Intercropping in Organic Farming

From March 10 to 12, 2026, Léa Cruz had the opportunity to take part in a European exchange program dedicated to intercropping in organic farming, held in the regions of Tuscany and Umbria. This cross-visit was coordinated by FIRAB (Fondazione Italiana per la Ricerca in Agricoltura Biologica e Biodinamica) as part of the Organic Advice Network (OAN), with partners from across Europe. Our French partners APCA and ITAB coordinated the logistics.

The 12 participants from Germany, Romania, Denmark, Finland, France, and Italy are all involved in agricultural advisory services, applied research, or the support of farmer collectives. The three days were intense, structured around farm visits, technical workshops, and rich discussions on intercropping practices and the administrative challenges linked to the CAP.

Day 1 – Florence and the Biodistretto del Chianti: Diversification and Local Value Chains

The first day began in Florence with a participant meet‑up followed by a presentation of the Biodistretto del Chianti, a territory committed to the development of organic agriculture.

These exchanges continued during the visit of an artisanal pasta factory. This fascinating tour highlighted how organic durum wheat grown in the region is processed and valued.

Giovanni, the manager, explained that artisanal pasta differs from industrial pasta in its color: the bright yellow of industrial pasta is largely due to the presence of furosine, a molecule formed during high‑temperature drying. This compound results from Maillard reactions between reducing sugars and amino acids, leading to a loss of lysine, an essential amino acid and slightly reducing the nutritional value of the proteins. In contrast, artisanal pasta, dried slowly at low temperatures, develops far less furosine, which explains its paler, more natural color, true to that of durum wheat.

The day ended with a convivial dinner featuring local organic products, a precious moment to strengthen connections among participants.

Day 2 – Passerini Farm: Intercropping Under Real Conditions

The second day was dedicated to an in‑depth visit of Passerini Farm, an organic farm in Torrita di Siena. The farm covers around forty hectares and focuses exclusively on arable crops (cereals and pulses). The goal of intercropping here is twofold: diversifying production and supplying nitrogen to the soil (in the absence of livestock manure).

On site, we observed several intercropping combinations in open fields, including:

These trials sparked discussions on:

Interestingly, all fieldwork on this farm is carried out by a contractor, which can make precision difficult for experimental plots. Cereals and legumes are cleaned and sorted directly on the farm. Sarah, the farmer, has invested in sorting equipment, a mill, and a packaging unit. She sells part of her production on‑farm and the rest to restaurants in Florence and artisanal pasta makers.

In the afternoon, we met partners from the IntercropVALUES project for a workshop on:

Day 3 – Torre Colombaia: Mechanization and Innovation

The final day took place in Umbria, at Torre Colombaia Farm near Perugia. There, we studied particularly interesting systems, including:

A Rich and Inspiring Collective Learning Experience

This exchange program offered a valuable immersion into intercropping practices in organic farming, as well as into Italian territorial dynamics, where local value chains play a central role.

Discussions among participants from six countries allowed us to compare:

Beyond the technical aspects, this stay reinforced the importance of collective advisory work, European cooperation, and the diversification of cereal systems to address climatic, economic, and food‑related challenges.

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