Hauts-de-France : savoir où emmener sa Cuma dans 10 ans
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La Fédération régionale des Cuma des Hauts-de-France propose à ses Cuma de se réunir pour bien définir leurs objectifs à long terme et ainsi se redynamiser. Explications avec Sophie Hardy, ingénieure-conseil, et animatrice de ces réunions.
Quel est le but de cette animation ?
Le but de cette réunion, d’une demi-journée, est de fixer ensemble les objectifs de la Cuma à plus ou moins long terme. À la fin de cette animation, les adhérents doivent savoir où ils veulent emmener leur Cuma dans dix ans. Pour y parvenir, il y aura sûrement des projets ou des choses à mettre en place à plus ou moins court terme. Les définir et avoir un plan d’action font aussi partie des objectifs.
Quels sont vos outils ?
Avant tout, on réalise un état des lieux de la Cuma, que ce soit au niveau des activités, des adhérents, du fonctionnement, de la gouvernance ou encore de la gestion. Tout est mis à plat. Ensuite, avec des outils d’animation de groupe, on va tenter de définir les points forts et les points faibles de la Cuma. Ensemble, ils essayent de répondre à la question :si vous voulez mener un projet, qu’est-ce qui vous porte, qu’est-ce qui vous freine ? Ce n’est pas toujours facile de savoir si une situation gêne ou au contraire sert à la concrétisation des projets. Puis, chaque participant va de son côté lister les envies et idées qu’il a pour sa Cuma. C’est un moment important qui demande aux agriculteurs de se projeter à dix ans, aussi bien d’un point de vue individuel que collectif. Il doit également se positionner vis-à-vis des autres adhérents. Cela demande de la transparence. Enfin, on met les ambitions de chacun en commun en essayant de les hiérarchiser. On en profite pour établir des plans d’action pour concrétiser ce qui est facile à mettre en place. Mais aussi de tout faire pour que le projet à dix ans se réalise. Selon les projets, il y aura un suivi plus ou moins régulier.
A qui sont destinées ces réunions ?
À quasiment tous les groupes. De premier abord, on le propose aux Cuma qui vont bien, qui ont peu de projets mais une volonté de faire perdurer leur outil et de dynamiser le groupe. Cette demi-journée peut aussi être proposée dans le cadre d’une restructuration de la gouvernance, afin de redonner un élan, pour comprendre les adhérents et savoir quelle direction donner au groupe. Pour les Cuma qui vont moins bien, cette animation peut leur permettre de prendre conscience de certains freins, d’être plus vigilants et de redonner du positif aux adhérents.
Comment se préparent-elles ?
Le mieux est que tous les adhérents participent à cette réunion car cela les concerne tous, et c’est important d’avoir la vision de chacun. Avant la réunion, nous demandons au conseil d’administration de la Cuma de bien communiquer sur l’objectif afin que chacun joue le jeu et y participe activement. Certains arrivent un peu sceptiques mais se prennent vite au jeu.
Quels retours d’expérience en avez-vous ?
Ils sont plutôt positifs. Deux Cuma se sont lancées, à l’issue de cette réunion, dans un projet de construction de bâtiment d’ici à 2035. L’une d’entre elles veut aller plus loin avec des emplois partagés. S’ils arrivent sur la réserve, les langues se délient. Un président de Cuma m’a dit qu’il pensait être le seul à se préoccuper de l’avenir de la Cuma, d’avoir des projets, alors qu’en fait pas du tout. De nombreux adhérents s’en préoccupaient déjà.
Propos recueillis par Lucie Debruyne