Hauts-de-France : les Cuma veulent consolider leur rôle auprès des agriculteurs et agricultrices
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Alexis Brisset, président de la Fédération régionale des Cuma des Hauts-de-France depuis peu livre les projets qu’il compte mener en 2026 au sein de la fédération mais aussi auprès des Cuma.
Quels sont les sujets prioritaires pour la fédération des Cuma des hauts-de-France cette année ?
On souhaite consolider nos liens de proximité avec nos adhérents en essayant de les accompagner au maximum dans leurs évolutions mais aussi pour les épauler en cas de difficultés. La distance laisse parfois croire qu’on oublie ce qui nous lie mais nous sommes bien présents. Pour cela, nous allons mettre l’accent, ces prochains mois, sur la communication. Dévoiler nos actions pour défendre notre modèle, montrer ce que nous proposons pour l’agriculture collective et partager nos connaissances sur la gestion du matériel agricole
Quelles sont les préoccupations des Cuma des Hauts-de-France ?
L’inflation. C’est un sujet qui nous concerne tous, à titre individuel comme collectif. Les hausses des prix des matériels et des taux d’intérêt d’emprunt limitent les investissements et rendent les Cuma et le partage du matériel encore plus attractif. On se rend compte également que les conditions d’accès aux prêts sont devenues très restreintes. La fédération des Cuma sera attentive aux problèmes de trésorerie qui peuvent en découler. Nous voulons poursuivre notre travail auprès des banques pourque toutes les Cuma de la région bénéficient de l’avantage CapCuma.
Comment peuvent-elles y faire face ?
Il n’y a pas de miracle, les Cuma vont devoir être encore plus efficientes. Cela passe par une évolution de leur organisation. L’optimisation peut prendre plusieurs formes avec notamment des regroupements ou l’interconnexion de Cuma, la mise à disposition des ateliers ou des bâtiments, l’embauche d’un salarié ou encore l’externalisation des tâches administratives.
Et vers quoi vont-elles évoluer ?
Outre leur efficacité, les Cuma vont devoir faire face au renouvellement des générations mais aussi à la pluriactivité. Là, elles devront s’adapter et inclure ces nouveaux profils dans leur groupe. Car ils ont des besoins spécifiques, de volumes moindres ou des disponibilités différentes. Par ailleurs, on constate un frémissement sur les chantiers complets en Cuma. Cela permet aux adhérents d’être polyvalents et d’optimiser les coûts.
Quelle est leur place dans le contexte économique et politique actuel ?
Le collectif apporte de la résilience et les Cuma sont une solution dans le contexte économique actuel. Outre cet avantage, je tiens à mettre l’accent sur l’intérêt de ne pas être seul sur son exploitation, d’échanger, de progresser. Le modèle coopératif rassemble beaucoup d’agriculteurs dans notre région, nous devons en être fiers, le promouvoir et peser auprès des instances politiques.
Propos recueillis par Lucie Debruyne pour le supplément Entraid Magazine Hauts de France de mai 2026