Enquête de notoriété : les Cuma, une référence incontestée pour la mutualisation
Reconnues par le monde agricole, perçues comme solidaires, efficaces, modernes et incontournables pour l’avenir de l’agriculture française, les Cuma sortent renforcées de l’enquête de notoriété menée par la FNCuma.

Les résultats en synthèse
Menée en ligne entre le 15 décembre 2025 et le 28 février 2026, l’enquête réalisée par la FNCuma et Entraid Médias a recueilli 1 752 réponses auprès de professionnels du monde agricole (1). Elle dessine le constat que les Cuma occupent une place centrale dans les moyens de mutualisation du matériel agricole, avec une notoriété très élevée, une image positive et une forte légitimité pour l’avenir.
Une notoriété importante
La notoriété spontanée est massive. 96,39 % des répondants citent spontanément les Cuma parmi les structures permettant de mutualiser du matériel agricole, et 69,15 % ne citent qu’elles. À titre de comparaison, la copropriété n’est citée spontanément que par 20,02 % des répondants.
Cette domination se confirme en notoriété assistée. 98,12 % des répondants déclarent connaître les Cuma, et 92,43 % les considèrent comme la solution la plus efficace pour mutualiser du matériel agricole. Les autres modèles existent dans les esprits, mais restent nettement derrière.
Une image positive
L’image globale des Cuma est elle aussi très favorable avec 85,69 % d’opinions positives au total. L’image des Cuma repose d’abord sur des valeurs collectives fortes. 88,22 % des répondants estiment qu’elles favorisent la solidarité entre agriculteurs et agricultrices. 80,5 % considèrent qu’elles sont ouvertes à la diversité des profils, tandis que 79,1 % pensent qu’elles facilitent l’installation des jeunes et 79,14 % qu’elles contribuent au dynamisme des territoires.
En revanche, seuls 47,64 % des répondants jugent que les Cuma savent bien communiquer sur leurs actions. Vus les résultats précédents, le sujet n’est pas un déficit d’image, mais un déficit de visibilité.
Le fonctionnement des Cuma
Sur les avantages cités spontanément, la dimension économique domine très largement. 38,1 % des répondants placent en tête la réduction des coûts, devant la mutualisation et le partage (20,1 %) et la performance ou la modernité du matériel (16,6 %). Les Cuma apparaissent donc d’abord comme un outil pour alléger les charges de mécanisation.
Les critiques portent sur le fonctionnement quotidien. Le premier frein identifié est la disponibilité et le planning du matériel, cité par 34,28 % des répondants, devant les relations humaines entre membres (28,67 %). Le modèle séduit, mais il reste exigeant à faire vivre collectivement.
Les Cuma demain
Enfin, l’enquête montre que les Cuma sont perçues comme un acteur d’avenir. 78,62 % des répondants estiment qu’elles ont un rôle à jouer pour réduire les investissements et les charges des exploitations, et 89,68 % considèrent qu’elles ont un avenir dans le paysage agricole français. Au-delà de la mutualisation du matériel, elles sont donc aussi vues comme un levier possible pour les transitions économiques, sociales et agroécologiques du monde agricole.
Les 15 chiffres à retenir
- 1 752 répondants au total
- 96,39 % citent spontanément les Cuma
- 69,15 % ne citent que les Cuma
- 20,02 % citent spontanément la copropriété
- 98,12 % déclarent connaître les Cuma
- 92,43 % les jugent les plus efficaces pour mutualiser du matériel
- 85,69 % ont une image positive des Cuma
- 88,22 % associent les Cuma à la solidarité
- 80,5 % jugent les Cuma ouvertes à la diversité des profils
- 79,1 % estiment que les Cuma facilitent l’installation des jeunes
- 79,14 % pensent que les Cuma contribuent au dynamisme des territoires
- 48,22 % jugent qu’elles communiquent mal sur leurs actions
- 38,1 % citent la réduction des coûts comme principal avantage des Cuma
- 34,28 % citent la disponibilité du matériel comme principal inconvénient des Cuma
- 89,68 % pensent que les Cuma ont un avenir dans le paysage agricole français

L’étude en détail
1 – Notoriété spontanée : la Cuma, premier réflexe quand on parle de mutualisation
2 – Notoriété assistée : une efficacité plébiscitée et une reconnaissance quasi totale
4 – Image perçue par thématique : entre solidarité reconnue et déficit de visibilité
5 – Questions ouvertes : avantages et inconvénients des Cuma
7 – Typologie des répondants et méthodologie d’enquête
Notoriété spontanée : la Cuma, premier réflexe quand on parle de mutualisation
En notoriété spontanée, les répondants citent massivement les Cuma comme structure de référence pour mutualiser du matériel agricole (96,39 %). La Cuma bénéficie donc d’une notoriété spontanée exceptionnelle, qui ne renvoie pas seulement à une structure connue, mais au modèle de référence de la mutualisation.
Viennent ensuite la copropriété pour 20,6 %, les ETA pour 5,01 % ; l’entraide et les échanges pour 4,54 %…
À noter que 13,15 % des répondants associent directement les deux modèles Cuma + Copropriété.
Le taux de « « Je ne sais pas » / « Ne se prononce pas » est négligeable à 0,52 %


Notoriété assistée : une efficacité plébiscitée et une reconnaissance quasi totale
Les Cuma sont presque universellement identifiées
À la question « Connaissez-vous les Cuma ? », 98,12 % répondent oui, 1,20 % disent en avoir entendu parler, et seulement 0,68 % répondent non. C’est un score extrêmement élevé.
Elles sont perçues comme la solution la plus efficace
Quand on demande quelles solutions semblent les plus efficaces pour mutualiser du matériel agricole, les Cuma arrivent très largement en tête avec 92,43 %, devant la copropriété à 58,84 %, l’entraide informelle entre voisins à 43,24 % et les ETA à 28,21 %.



Image perçue des Cuma : un capital sympathie solide à étendre au-delà es adhérents et adhérentes de Cuma
L’image perçue des Cuma apparaît très favorable auprès des répondants qui les connaissent : 85,69 % en ont une opinion positive, contre 11,32 % une opinion négative. Ce résultat confirme l’existence d’un capital sympathie solide autour du modèle Cuma.
Cependant, cette bonne image est particulièrement portée par les adhérents, tandis qu’elle semble moins forte chez les non-adhérents (34,23 % seulement), ce qui souligne que l’expérience directe de la Cuma renforce l’adhésion au modèle.





Image perçue par thématique : entre solidarité reconnue et déficit de visibilité
Solidaires, ouvertes, utiles à l’installation et au dynamisme rural : les Cuma bénéficient d’une image très favorable auprès des répondants. La solidarité arrive très nettement en tête des attributs associés au réseau, avec 88,22 % d’avis favorables. Viennent ensuite l’ouverture à la diversité des profils (80,5 %), la contribution à l’installation des jeunes (79,1 %) et au dynamisme des territoires (79,14 %).
Cette bonne image est cependant plus nuancée sur des dimensions plus fonctionnelles. Si les Cuma sont jugées modernes et innovantes par 75,05 % des répondants, et favorables à l’autonomie de l’exploitant par 75,2 %, l’adhésion baisse sur l’organisation et l’efficacité (68,1 %) et plus encore sur l’emploi (56,72 %).
Un point faible ressort clairement : la communication. C’est le seul item où les retours négatifs dépassent les positifs. Près d’un répondant sur deux estime que les Cuma ne savent pas bien communiquer sur leurs actions (48,22 %).
Des Cuma trop discrètes
Lors de son intervention au colloque consacrée aux Cuma à l’Assemblée nationale le 11 février 2026, la sociologue Véronique Lucas (INRAE) a apporté quelques éléments de réponse qui pourrait éclairer la lecture des chiffres sur le déficit de communication des Cuma :
« Alors que c’est le réseau d’agriculteurs le plus important en France, les Cuma restent discrètes. Pourquoi ? Parce que la Cuma, pour l’agriculteur, c’est de l’action ordinaire. Il arrive qu’elle soit tellement dans son quotidien, qu’il la banalise. Leur âge [80 ans] aussi les rend difficile à considérer comme quelque chose d’exceptionnel. De plus, ce sont des unités qui réunissent des membres différents par leurs implications, par exemple syndicales ou politiques. Pour leur bon fonctionnement, on y focalise les discussions sur les enjeux techniques. Il y a un évitement des autres sujets qui participe à la difficulté historique du réseau à s’affirmer politiquement et médiatiquement. »

Questions ouvertes : avantages et inconvénients des Cuma
L’avantage principal associé aux Cuma est très nettement financier. La réduction des coûts arrive largement en tête avec 38,1 % des citations spontanées, devant la mutualisation et le partage (20,1 %) puis la performance et la modernité du matériel (16,6 %). Viennent ensuite l’accès à du matériel spécifique (9,8 %) et le lien social / l’entraide (9 %). La Cuma est d’abord vue comme un outil concret pour alléger les charges, mieux investir et accéder à du matériel qu’on ne pourrait pas financer seul.
En face, les inconvénients sont eux aussi très lisibles. Les deux freins majeurs sont la disponibilité et le planning du matériel (34,28 %) et les relations humaines (28,67 %). Ensuite viennent le choix du matériel, l’entretien et la dégradation (13,24 %) puis l’organisation et la gestion administrative (6,59 %).
Ces réponses spontanées mettent en évidence un modèle Cuma solidement identifié pour ses bénéfices économiques, en particulier la réduction des coûts et la mutualisation des investissements. Elles rappellent aussi que sa réussite repose sur une organisation collective, où la disponibilité du matériel, la qualité des relations humaines et la gestion partagée constituent les principaux points de vigilance.




Le rôle des Cuma demain
Demain, les Cuma ne sont pas seulement perçues comme un outil de mutualisation du matériel : elles apparaissent comme un levier de transformation pour l’agriculture. Les attentes exprimées par les répondants montrent d’abord une priorité très nette sur le terrain économique. Les Cuma sont attendues pour réduire les investissements et les charges des exploitations (78,62 %), faciliter l’accès à du matériel spécialisé ou coûteux (63,27 %) et ouvrir l’accès à des équipements innovants, notamment numériques, robotiques ou connectés (60,08 %).
Mais leur rôle futur ne s’arrête pas à l’équipement. Les répondants projettent aussi les Cuma comme des structures capables d’apporter des réponses collectives à la question de la main-d’œuvre et de l’organisation du travail : mutualiser davantage de main-d’œuvre (52,48 %), organiser des chantiers collectifs (49,63 %) et développer les groupements d’employeurs (41,89 %).
Cette projection vers l’avenir s’inscrit aussi dans les grandes transitions agricoles. Les répondants identifient les Cuma comme des actrices pour réduire l’usage des intrants (46,6 %), accompagner la transition agroécologique (43,3 %) et aider les exploitations à s’adapter au changement climatique (42 %). Elles sont également vues comme un appui important pour faciliter l’installation des jeunes (64,5 %), renforcer le dynamisme rural (55,1 %) et intégrer de nouveaux profils dans le monde agricole (54,6 %).
Enfin, pour 89,68 % des répondants, les Cuma ont un avenir dans le paysage agricole français.
Selon vous, les Cuma ont-elles un avenir dans le paysage agricole français ?



Typologie des répondants
Répartition des répondants par tranches d’âges

Répartition des répondants par région
1 752 personnes ont répondu qui se décomposent ainsi :
– 84,25 % d’hommes
– 76,37 % d’exploitants/exploitantes qui déclarent pour 84,85 % être membres d’une Cuma.
– une surreprésentation de la tranche d’âges 45-59 ans (42,01 %) et une représentation des 18-29 ans (5,99 %), ce qui peut s’expliquer par la difficulté à toucher les jeunes et un reflet également de la pyramides des âges du monde agricole ;
– La région Ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie) concentre près d’un tiers des répondants, reflétant la forte implantation des Cuma dans l’Ouest de la France. Les trois premières régions (Ouest, Nouvelle-Aquitaine et Auvergne Rhône-Alpes) regroupent à elles seules plus de 60% de l’échantillon total.

Cette enquête a été réalisée par la FNCuma et Entraid Médias via un sondage en ligne en ligne entre le 15 décembre 2025 et le 28 février 2026, et n’a pas été menée par un institut de sondage. Même si l’enquête était anonymisée, il peut subsister certains biais. Cette enquête ne permet pas de dire “l’ensemble du monde agricole” mais dans un public professionnel agricole fortement exposé au modèle Cuma, voici la mesure de la notoriété et l’image des Cuma. Nous n’avons pas redressé statistiquement les résultats en prenant en compte qu’un agriculteur sur deux en France est en Cuma, par exemple.